‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 3)Chapitre 163 sur 278 · ACTE II, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IV

Il étoit sous Néron de toutes ses délices :

Et la Lusitanie a vu ce même Othon

Gouverner en César, et juger en Caton.

Tout favori dans Rome, et tout maître en province,

De lâche courtisan il s'y montra grand prince;

Et son ame ployante, attendant Tavenir,

Sait faire également sa cour, et la tenir.

Sous un tel souverain nous sommes peu de chose;

Son soin jamais sur nous tout-à-fait ne repose :

Sa main seule départ ses libéralités;

Son choix seul distribue états et dignités.

Du timon qu'il embrasse il se fait le seul guide,

Consulte et résout seul, écoute et seul décide;

Et, quoi que nos emplois puissent faire de bruit.

Sitôt qu'il nous veut perdre, un coup d'œil nous détruit.

Voyez d'ailleurs Galba, quel pouvoir il nous laisse, En quel poste sous lui nous a mis sa foiblesse. Nos ordres règlent tout, nous donnons, retranchons; Rien n'est exécuté dès que nous l'empêchons : Comme par un de nous il faut que tout s'obtienne, Nous voyons notre cour plus grosse que la sienne; Et notre indépendance iroit au dernier point. Si l'heureux Vinius ne la partageoit point :

Notre unique chagrin 'est qu'il nous la dispute. L'âge met cependant Galba près de sa chute ; De peur qu'il nous entraîne il faut un autre appui, Mais il le faut pour nous aussi foible que lui.

nements. Les fautes sont, tamitié ressaisie de trois cœurs, que ce nœud la retienne Rajouter, ou près de cette belle , et quelques autres expressions qui ne sont ni assez nobles ni assez correctes.

ao.

3o8 OTHON.

Il nous en Êiut prendre un qui, satisfait des titres, Nous laisse du pouvoir les suprêmes arbitres. Pison a Tame simple et Tesprit abattu; S'il a grande naissance, il a peu de vertu ■ : Non de cette vertu qui déteste le crime ; Sa probité sévère est digne qu'on Festime; Elle a tout ce qui fait un grand honmie de bien : Mais en un souverain c'est peu de chose, ou rien. Il faut de la prudence, il faut de la lumière, Il faut de la vigueur adroite autant que fière, Qui pénétre, éblouisse, et sème des appas.... Il faut mille vertus enfin qu'il n'aura pas.

Lui-même il nous priera d'avoir soin de l'empire, Et saura seulement ce qu'il nous plaira dire : Plus nous l'y tiendrons bas, plus il nous mettra haut; Et c'est là justement le maître qu'il nous faut.

MARTIAN

Mais, seigneur, sur le ti*ône élever un tel homme, C'est mal servir 1 état, et faire opprobre à Rome.

LACUS

Et qu'importe à tous deux de Rome et de l'état? Qu'importe qu'on leur voie ou plus ou moins d'éclat? Faisons nos sûretés, et moquons-nous du reste.

' S'il a grande naissance ; une vigueur adroite et fière qui sème des appas; et cest Injustement; moquons-nous du reste; il nous devra le tout; s'il vient par nous à bout, etc. Il n'est pas nécessaire de dire que toutes ces façons de parler sont ou vicieuses * ou ignobles.

* Certatuement elles seraient vicieuses aujourd'hui ; mais Voltaire , en les accumulant sans ordre et sans suite , en les isolant du texte , comme il In fait dans ses remarques, les fait paraître plus vicieuses encore. P.

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