‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 3)Chapitre 171 sur 278 · SCÈNE iir · texte numérisé non relu

SCÈNE iir

GALBA, CAMILLE, ALBIANE.

GALBA

Quand la mort de mes fils désola ma famille,

Ma nièce, mon amour vous prit dès-lors pour fille;

Et regardant en vous les restes de mon sang,

* On ne voit jamais dans cette pièce qu'une fille à marier. Il n'eet pas contre la convenance que Galba tâche d'ennoblir la petitesse de cette intrigue par un discours politique ; mais il est contre toute bienséance, tranchons le mot, il est intolérable que Camille dise à l'empereur qu'il serait bon <jue son mari eût quelque chose de propre A donner de l'amour. Galba dit à sa nièce que ce raisonnement est fort délicat.

Saa OTHON.

Je flattai ma douleur en vous donnant leur rang. Rome, ({ui m'a depuis chargé de son empire, Quand sous le poids de Tâge à peine je respire, A vu ce même amour me le faire accepter, Moins pour me seoir si haut, que pour vous y porter. Non que si jusque-là Rome pouvoit renaître, Qu elle fût en état de se passer de maître, Je ne me crusse digne, en cet heureux moment, De commencer par moi son rétablissement :

Mais cet empire immense est trop vaste pour elle : A moins que d'une tête un si grand corps chancelle; Et pour le nom de roi son invincible horreur S'est d'ailleurs si bien faite aux lois d'un empereur, Qu'elle ne peut soufirir, après cette habitude. Ni pleine liberté, ni pleine servitude.

Elle veut donc un maître, et Néron condamné Fait voir ce qu'elle veut en un front couronné, y index, Rufus, ni moi, n'avons causé sa perte; Ses crimes seuls l'ont faite ; et le ciel l'a soufferte Pour marque aux souverains qu'ils doivent par YeSei Répondre dignement au grand choix qu'il en fait Jusques à ce grand coup, un honteux esclavage D'une seule maison nous faisoit l'héritage.

Rome n'en a repris, au lieu de liberté.

Qu'un droit de mettre ailleurs la souveraineté; Et laisser après moi dans le trône un grand homme, C'est tout ce qu'aujourd'hui je puis faire pour Rome. Prendre un si noble soin, c'est en prendre de vous. Ce maître qu'il lui faut vous est dû pour époux; Kt mon zcle s'unit à l'amour paternelle

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