‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 3)Chapitre 194 sur 278 · GALBA, CAMILLE, RUTILE, ALBIANE · texte numérisé non relu

GALBA, CAMILLE, RUTILE, ALBIANE

GALBA

Je VOUS le dis encor, redoutez ma vengeance, Pour peu que vous soyez de son intelligence.

On ne pardonne point en matière d'état; Plus on chérit la main, plus on hait Tattentàt; Et lorsque la fureur va jusqu'au sacrilège.

Le sexe ni le sang n'ont point de privilège.

CAMILLE

Cet indigne soupçon seroit bientôt détruit.

Si vous voyiez du crime où doit aller le fruit. Othon, qui pour Plautine au fond du cœur soupire, Othon, qui me dédaigne à moins que de l'empire, S'il en fait sa conquête, et vous peut détrôner,

' Le cinquième acte est absolument dans le goût des quatre premiers, et fort au-dessous d^eux; aucun personnage n*agit, et tous discutent. Le vieux Galba , ayant menacé sa nièce , discute afec elle ses raisons , et se trompe comme un vieillard de comédie qu'on prend pour dupe ; et le style n est ni plus net, ni plus pur, ni plo< noble quo dans ce qu'on a déjà lu.

ÔTHON. 355

Laquelle de nous deux voudra- t-il couronner? ,

Pourrois-je de Pison conspirer la ruine

Qui m'arrachant du trône y porteroit Plautine?

Croyez mes intérêts, si vous doutez de moi;

Et, sur de tels garants assuré de ma foi,

Tournez sur Vinius toute la défiance

Dont veut ternir ma gloire une injuste croyance.

GALBA

Vinius par son zélé est trop justifié.

Voyez ce qu'en un jour il m'a sacrifié :

Il m'offre Othon pour vous qu'il soufaaitoit pour gendre,

Je le rends à sa fille, il aime à le reprendre;

Je la veux pour Pison, mon vouloir est suivi;

Je vous mets en sa place, et l'en trouve ravi ;

Son ami se révolte, il presse ma colère;

Il donne à Martian Plautine à ma prière :

Et je soupçonnerois un crime dans les vœux

D'un homme qui s'attache à tout ce que je veux ?

CAMILLE

Qui Veut également tout ce qu'on lui propose. Dans le secret du cœur souvent veut autre chose. Et, maître de son ame, il n'a point d'autre foi Que celle qu'en soi-même il ne donne qu'à soi.

GALBA

Cet hymen toutefois est l'épreuve dernière D'unfé foi toujours pure, inviolable, entière.

CAMILLE

Vous verrez à l'effet comment elle agira , Seigneur, et comme enfin Plautine obéira.

Sûr de sa résistance, et se flattant peut-être

De voir bientôt ici son cher Otfaon le maître; Dans Tétat où pour vous il a mis Tavenir, Il promet aisément plus qu'il ne veut tenir.

GALBA

Le devoir désunit lamitié la plus forte ^ Mais lamour aisément sur ce devoir l'emporte ; Et son feu, qui jamais ne s'éteint qu'à demi, Intéresse un amant autrement qu'un ami.

J'aperçois Vinius. Qu'on m'amène sa fille; J'en punirai le crime en toute la famille.

Si jamais je puis voir par où n'en point douter; Mais aussi jusque-là j'aurois tort d'éclater. Je vois d'ailleurs Lacus.

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