‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 3)Chapitre 207 sur 278 · SCÈNE viir · texte numérisé non relu

SCÈNE viir

PLACTINE, FLAVIE.

FLÂVIE.

Vous dire que du ciel la colère irritée»

Ou plutôt du destin la jalouse fiireur....

' Cette scène est aussi froide que tout le reste, parceiju'on ne s'intéresse point du tout à ce Vinius , qu on jette par la fenêtre. Tout cet acte se passe à apprendre des nouvelles, sans qu'il y ait ni intri^fue attachante , ni sentiments touchants, ni grands tableanx, ni beau dénouement, ni beaux vers. Othon Tempereurne reparaît que pour dire qu il est un malheureux amant; Camille est oubliée: Galba n'a paru dans îa pièce que pour être trompé et tué.

Puissent au moins ces réflexions persuader les jeunes auteurs qu un sujet politique n'est point un sujet tragique ; que ce qui est propre pour l'histoire l'est rarement pour le théâtre ; qu'il faut dans la tragédie beaucoup de sentiment et peu de raisonnements; que l'ame doit être émue par degrés ; que , sans terreur et sans pitié, nul ouvrage dramatique ne peut atteindre au but de Fart; et qu'entin le style doit être pur, vif, majestueux, et facile!

Corneille, dans une épitre au roi, dit qu'Othon et Suréna

Ne sont point des cadets indignes de Cinna.

Il y a, en effet, dans le commencement d*Othon des vers aussi forts que les plus beaux de Cinna; mais la suite est bien loin d'y répondre : aussi celte pièce n'est point restée au théâtre.

On joua, la même année, XAstiate de Quinault, célèbre parle ridicule que Despréaux lui a donné., mais plus célèbre alors parle prodigieux succès qu'elle eut. Ce qui fit ce succès, ce fut l'intërét qui parut régner dans la pièce. Le public était las de tragédies en

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