ACTE V, SCÈNE VIII
PLAUTINE.
Auroient-ils mis Othon aux fers de Tempereui'? Et dans ce grand succès la fortune inconstante Auroit-elle trompé notre plus douce attente?
FLAVIE
Othon est libre, il régne; et toutefois, hélas ! ...
PLAUTINE.
Seroit-il si blessé qu'on craignit son trépas?
FLAVIE
Non, par^tout à sa vue cm a mis bas les armes ; Mais enfin son bonheur vous va coûter des larmes.
PLAUTINE.
Explique, explique donc ce que je dois pleurer.
FLAVIE
Vous voyez que je tremble à vous le déclarer.
raisonnements , et de hëros dissertateurs. Les cœurs se laissèrent toucher par VAstratCy sans examiner si la pièce était vraisemblable, bien conduite, bien écrite. Les passions y parlaient, et c*en fut assez. Les acteurs s'animèrent; ils portèrent dans Famé du spectateur un attendrissement auquel il n'était point accoutumé. Les excellents ouvrages de Tinimitablc Racine n'avaient point encore paru \ les véritables routes du cœur étaient ignorées ; celles que présentait VJstrate furent suivies avec transport. Rien ne prouve mieux qu'il faut intéresser, puisque l'intérêt le plus mal amené échauffa tout le public, que des intrigues froides de politique glaçaient depuis plusieurs années *.
* Voltaire savait Urès bien , et ne dit point aMex , ce qui rendit si familières à Corneille ces idées politiques qu'il dc cesse de lui reprocher. Ce grand homme , presque voisiu des derniers temps de la Lijpie , et témoin , dans sa jeunesse , des guerres civiles qui eureut lieu sons Louis XIII et dans la mi« noritë de Louis XIV, trouva , quand il commença ^ écrire, tous les esprits encore échauffés dc ces idées politiques , et ne concevant rien au-dessus oeUts. Ce goût général décida nécessairement celui de Corneille. P. 8. -iL
370 OTHON
PLAUTINE.
Le mal est^il si grand ?
FLAVIE
D'un baloon chez mon frère, J'ai vu.... Que ne peut-on, madame, vous le taire! Ou qu a voir ma douleur n avez-vous deviné Que Vinius....
PLAXJTIMEk
Eh bien?
FLAVIE
Vient d'être assassiné I
PLAUTINE.
Juste ciel !
FLAVIE4 De Lacus Tinimitié cruelle....
PLAUTINE.
O d'un trouble inconnu présage trop fidèle !
Lacus....
FLAVIE
C'est de ôa main que part ce coup fataL Tous deux près de Galba marchoient d'un pas égal, Lorsque, tournant ensemble à la première rue. Us découvrent Othon maître de l'avenue.
Cet efFroi ne les fait reculer quelques pas Que pour voir ce palais saisi par vos soldats : Et Lacus aussitôt, étincelant de rage De voir qu'Othon par-tout leur ferme le passage, Lance sur Vinius un furieux regard.
L'approche sans parler, et, tirant un poignard....