‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 3)Chapitre 222 sur 278 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

COTYS, SPITRIDATE.

COTYS.

Vous voyez de quel air Elpinice me traite, Gomme elle didparoit, seigneur, à mon abord.

SPITRIDATE.

Si votre ame, seigneur, en est mal satisfaite,

398 AGÉSILAS

Mon sort est bien à plaindre autant que votre sort.

COTYS.

Ah ! s'il n étoit honteux de manquer de promesse !

SPITRIDATE.

Si la foi sans rougir pouvoit se dégager !

COTYS.

Qu une autre de mon cœur seroit bientôt maîtresse!

SPITRIDATE.

Que je serois ravi, conmie vous, de changer!

COTYS.

Ëlpinice pour moi montre une telle glace, Que je me tiendrois sûr de son consentement.

SPITRIDATE.

Aglatide verroit qu une autre prît sa place Sans en murmurer un moment.

COTYS.

Que nous sert qu'en secret l'une et l'autre engagée Peut-être ainsi que nous porte son cœur ailleurs? Pour voir notre infortune entre elles partagée Nos destins n'en sont pas meilleurs.

SPITRIDATE.

Elles aiment ailleurs, ces belles dédaigneuses ;

Et peut-être, en dépit du sort.

Il seroit un moyen et de les rendre heureuses, Et de nous rendre heureux par un commun accord.

COTYS.

Souffrez donc qu'avec vous tout mon cœur se déploie. Ah ! si vous le vouliez, que mon sort seroit doux ! Vous seul me pouvez mettre au comble de ma joie.

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