‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 3)Chapitre 228 sur 278 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

LYSANDER, SPITRIDATE, MANDANE,

CLÉON

LYSANDER

Quoiqu'en matière d'hyménées L'importune langueur des af&ires traînées Attire assez souvent de fâcheux embarras, J'ai voulu qu'à loisir vous puissiez voir mes filles Avant que demander Faveu d'Agésilas

Sur Tunion de nos familles.

Dites-moi donc, seigneur, ce qu'en jugent vos yeux, S'ils laissent votre cœur d'accord de vos promesses. Et si vous y sentez plus d'aimables tendresses Que de justes désirs de pouvoir choisir mieux. Parlez avec franchise avant que je m'exj^)Ose

A des refus presque assurés.

Que j'estimerai peu de chose

Quand vous serez plus déclarés :

Et n'appréhendez point l'emportement d'un père; Je sais trop que l'amour de ses droits est jaloux,

QuMl dispose de nous sans nous.

Que les plus beaux objets ne sont pas sûrs de plaire: L'aveugle sympathie est ce qui fait agir

La plupart des feux qu'il excite ; Il ne l'attache pas toujours au vrai mérite; Et quand il la dénie, on n'a point à rougir.

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