SCÈNE U
AGÉSILAS^, XÉNOGLÈS.
ACÉ8ILA8.
D'un {>eu d'amour que j'eus Agiatide a parié; Son père qui l'a su dans son ame s^en flatte ; Et sur ce vain espoir il part tout consolé Du refus que j'en fais aux vœux de Spitridate. Tu l'as vu , Xénoclès, tout d'un coup s'adoucir.
43î AGÉSILAS.
'XÉNOCLÈS.
Oui : mais enfin, seigneur, il est temps de le dire, Tout soumis qu il parolt, apprenez qu'il conspire, Et par où sa vengeance espère y réussir.
Ce confident choisi, Cléon d'Halicarnasse,
Dont Téloquence a tant d'éclat.
Lui vend une harangue à renverser Fétat, Et le mettre bientôt lui-même en votre place. En voici la copie, et je la viens d avoir D'un des siens sur qui lor me donne tout pouvoii*, De Fesclave Damis, qui sert de secrétaire
A cet orateur mercenaire.
Et plus mercenaire que lui , Pour être mieux payé vous la livre aujourd'hui. On y soutient, seigneur, que notre république Va bientôt voir ses rois devenir ses tyrans, A moins que d'en choisir de trois ans en trois ans,
Et non plus suivant Tordre antique
Qui régie ce choix par le sang; Mais qu'indifféremment elle doit à ce rang Élever le mérite et les rares services.
J'ignore quels sont les complices :
Mais il pourra d'Éphèse écrire à ses amis ; Et soudain le paquet entre vos mains remis
Vous instruira de toutes choses.
Cependant j'ai fait mon devoir.
Vous voyez le dessein, vous en savez les causes, Votre perte en dépend; c'est à vous d'y pourvoir.
AQÉSILAS.
A te dire le vrai, l'afiairie m'embarrasse;