ACTE III, SCÈNE II
J ai peine à démêler ce qu'il faut que je fasse, Tant la confusioo de mes raisonnements
Étonne mes ressentiments.
Lysander m'a servi; jaurois une ame ingrate Si je méconnoissois ce que je tiens de lui ; Il a servi Tétat, et, si son crime éclate,
Il y trouvera de lappui.
Je sens que ma reconnoissance Ne cherche qu'un moyen de le mettre à couvert : Mais enfin il y va de toute ma puissance;
Si je ne le perds , il me perd.
Ce que veut Fintérét, la prudence ne Tose; Tu peux juger par là du désordre où je suis.
Je vois qu'il faut le perdre; et plus je m'y dispose.
Plus je doute si je le puis.
Sparte est un état populaire Qui ne donne à ses rois qu'un pouvoir limité ;
On peut y tout dire et tout faire
Sous ce grand nom de liberté.
Si je suis souverain en tête d'une armée,
Je n'ai que ma voix au sénat; Il y faut rendre compte ; et tant de renommée Y peut avoir déjà quelque ligue formée
Pour autoriser l'attentat.
Ce prétexte flatteur de la cause publique, Dont il le couvrira, si je le mets au jour, Tournera bien des yeux vers cette politique Qui met chacun en droit de régner à son tour. Cet espoir y pourra toucher plus d'un courage;
Et, quand sur Lysander j'aurai fait choir l'orage,
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Mille autres, comme lui jaloux ou mécontents ,
Se promettront plus d'heur à mieux choisir leur temps.
Ainsi de toutes parts le péril m'environne.
Si je veux le punir j'expose ma couronne ;
Et si je lui fais grâce, ou veux dissimuler.
Je dois craindre....
XÉNOCLÈS.
Ck>tys, seigneur, vous veut parler.
AGÉSILAS
Voyons quelle est sa flamme, avant que de résoudre S'il nous faudra lancer ou retenir la foudre.