‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 3)Chapitre 257 sur 278 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

AGLATIDE, MANDANE.

AGLATIDS.

Vous pourrez-vous résoudre à payer pour ce frère, Madame, et de deux rois daignant en choisir un. Me donner en sa plaoe^ ou le [dus importun, Ou le moins digue de vous ^plaire?

MANDANE

Hélas!

AGLATIDE.

Je n'entends pas des mieux Comme il faut qu'im hélas s'explique; Et lorsqu'on se retranche au langage des yeux,

45a A6ÉSILAS.

Je suis muette à la réplique.

MANDANE

Pourquoi mieux expliquer quel est mou déplaisir? Il ne se fait que trop entendre.

AGLATIDE.

Si j avois comme vous de deux rois à choisir, Mes déplaisirs auroient peu de chose à prétendre.

Parlez donc, et de bonne foi ; Acquittez par ce choix Spitridate envers moi. Ils sont tous deux à vous. ^

MANDANE

Je n y suis pas moi-même.

AGLATIDE.

Qui des deux est Faimé ?

MANDANE

Q 'importe lequel j'aime, Si le plus digne amour, de quoi qu'il soit d'accord, Ne peut décider de mon sort?

AGLATIDE.

Ainsi je dois perdre espérance D'obtenir de vous aucun d'eux?

MANDANE

Donnez-moi votre indifférence.

Et je vous les donne tous deux.

c'en seroit un peu trop : leur mérite est si rare, Qu'il en faut être plus avare.

MANDANE

Il est grand, mais bien moins que la félicité De votre insensibilité..

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