‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 3)Chapitre 268 sur 278 · ACTE V, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE III

Vous me Favez, seigneur, et sur Fbeure accordé ; Et pour mes intérêts ce qu'on a demandé Prête à de prompts refus une digne matière !

AGÉSILAS

Si vous vouliez avoir des yeux Pour voir de ces refîis la véritable cause....

SPITRIDATE.

N'est-ce pas assez dire, et faut-il autre chose? Voyez mieux sa pensée, ou répondez-y mieux.

Ces refus obligeants veulent qu'on les entende; Ils sont de ses faveurs le comble et la plus grande. Tout roi qu'est votre amant, perdez-le sans ennui Lorsqu'on vous en destine un plus puissant que lui. M'en désavouerez-'vous, seigneur?

AGÉSILAS

Non, Spitridate.

C'est inutilement que ma raison me flatte :

Comme vous j'ai mon foible, et j'avoue à mon tour Qu'un si triste secours défend mal de l'amour. Je vois par mon épreuve avec quelle injustice

Je vous refusois Elpinice :

Je cesse de vous faire une si dure loi.

Allez ; elle est à vous, si Mandane est à moi. Ce que pour Lysander je semble avoir de haine Fera place aux douceurs de cette double chaîne

Dont vous serez le nœud conunun; Et cet heureux hymen, accompagné du vôtre, Vous rendant entre nous garant de l'un vers l'autre,

Réduira nos trois cœurs en un.

468 AG^SILAS

Madame, parlez donc.

SPITRIDATE.

Seigneur, Tobéissance S'exprime assez par le silence.

Trouvez bon que je puisse apprendre à Lysander La grâce qu'à ma flanmie il vous plaît d'accorder.

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