SCÈNE IV
AGÉSILAS, MANDANE, XÉNOCLÈS.
AGÉSILAS
En puis-je pour la mienne espérer une égale, Madame? ou ne sera-ce en effet qu'obéir?
MANDANE
Seigneur, je croirois vous trahir Et n avoir pas pour vous une ame assez royale, Si je vous cachois rien des justes sentiments Que m'inspire le ciel pour deux rois mes amants.
J'ai vu que vous m'aimiez ; et sans autre interprète J'en ai cru vos faveurs qui m'ont si peu coûté ; J'en ai cru vos bontés, et l'assiduité Qu'apporte à me chercher votre ardeur inquiète.
Ma gloire y vouloit consentir, Mais ma reconnoissance a pris soin de la vôtre. Vos feux la hasardoient, et pour les amortir J'ai réduit mes (lesirs à pencher vers im autre.
Pour m'épouser, vous le pouvez, Je ne saurois former de vœux plus élevés ; Mais, avant que juger ma conquête assez haute,