‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 3)Chapitre 31 sur 278 · ACTE II, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE V

Tandis que Viriate....

PERPENNA

Ah! n en juge point mal.

A lui rendre service elle m'ouvre une voie Que tout mon cœur embrasse avec excès de joie ^

AUFIDE

Vous ne voyez donc pas que son esprit jaloux Ne cherche à se servir de vous que contre vous, Et que, rompant le cours d'une flamme nouvelle^. Vous forcez ce rival à retourner vers elle?

PERPENNA

N'importe, servons-la, méritons son amour; La force et la vengeance agiront à leur tour. Hasardons quelques jours sur Fespoir qui nous flatte, Dussions-nous pour tout fruit ne faire qu'une ingrate.

AUFIDE

Mais, seigneur....

PERPENNA

Épargnons les discours superflus; Songeons à la servir, et ne contestons plus; Cet unique souci tient mon ame occupée.

Cependant de nos murs on découvre Pompée; Tu sais qu'on me l'a dit : allons le recevoir, Puisque Sertorius m'impose ce devoir 3.

' Embrasser avec excès de joie une voie à rendre service^ on np peut écrire ayec plus d'impropriété. Cest un amas de barbarismes.

* Rompre le cours ^ une flamme , autre barbarisme. Dans cette scène Perpenna parait généreux; il n'est plus question de l'assassinat de Sertorius, qui fait le sujet du drame. C'est (1 ordinaire un grand défaut dans une pièce, soit tragique, soit

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comique, qu*un personnage paraisse sans rappeler les premiers sentiments et les premiers desseins qu'il a d*abord annonces ; c'est rompre l'unité de dessein qui doit rë^er dans tout l'ouvrage.

Nous sommes entrés dans presque tous les détails de ces deux premiers actes, pour montrer aux commençants combien il est difficile de bien écrire en yers, pour éviter le reproche qu'on nous a fait de n'en avoir pas assez dit, et pour répondre au reproche ridicule que quelques gens de parti, très mal instruits, nous ont fait d'en avoir trop dit. Nous ne pouvons assez répéter que nous cherchons uniquement la vérité, et qu'aucune cabale ne nous a jamais intimidés. g

Nous reprenons quatre fois plus de fautes dans cette édition * que dans les précédentes, parceque des gens qui ne savent pas le français ont eu le ridicule d'imprimer qu'il ne fallait pas s'apercevoir de ces fautes.

•L'in-4«'dei774.

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