ACTE III, SCÈNE II
Je connois le tyran, j'en vois le stratagème;
Quoi qu'il semble promettre, il est toujours lui-même.
Vous qu a sa défiance il a sacrifié
Jusques à vous forcer d'être son allié ^...
POMPÉE
Hélas! ce mot me tue, et, je le dis sans feinte, C'est Tunique sujet qu'il m'a donné de plainte. J'aimois mon Âristie, il m'en vient d'arracher >; Mon cœur frémit encore à me le reprocher :
Vers tant de biens perdus sans cesse il me rappelle; Et je vous rends, seigneur, mille grâces pour elle, A vous, à ce grand cœur dont la compassion Daigne ici l'honorer de sa protection.
SERTORIUS
Protéger hautement les vertus malheureuses, C'est le moindre devoir des âmes généreuses ^ : Aussi fais-je encor plus, je lui donne un époux.
POMPÉE
Un époux! dieux! qu'entends-je! Et qui, seigneur?
' Cette transition ne me paraît pas assez ménagée. Je crois que Sertorius devait, dans Ténumération des cruautés de Sylla, compter celle d'avoir forcé Pompée à répudier sa femme.
* Taimais mon Aristie est faible, trivial et comique*.
3 Sertorius ne doit point dire quH est une ame généreuse; il doit le laisser entendre: c'est le défaut de tous les héros de Gom'eille de se vanter toujours.
* J'aimais mon Aristie ne nous paratt ni trivial , ni comique sur-tout; nous . n'y voyons qa*une expression simple on naïve, qui, employée à propos « De serait pas déplacée dans le sujet le plus noble. 11 y a loin du naïf, du familier inéme , an trivial; et ce qui n'est que simple n'est pas toujours comitpie. P.
go SERTORIUS.
SERTORIUS
Moi.
POMPÉE
Voi
Seigneur, toute son ame est à moi dès Fenfance : N'imitez point SyUa par cette violence ; Mes maux sont assez grands, sans y joindre celui De voir tout ce que j'aime entre les bras d'autrui.
SERTORIUS
Tout est encore à vous.