‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 3)Chapitre 55 sur 278 · SERTORIUS, PERPENNA, AUFIDE · texte numérisé non relu

SERTORIUS, PERPENNA, AUFIDE

PEBPENNA, à Aufide.

Dieux! qui peut faire ainsi disparottre la reine?

AUFIDE, à Perpenna.

Lui-même a quelque chose en Tame qui le gêne, Seigneur; et notre abord le rend tout interdit.

' Cette scène parait encore moins digne de la tragédie que les ^irëcédentes. Perpenna et Sertorius ne s*entendent point: l'un dUv, Je parlais de Sylla ; l'autre , Je parlait de la reine. Ces petites méprises ne sont permises que dans la comédie. Il est vrai que cette scène est toute comique: Quelque chose qui le gêne. Savezvous ce quon dit? Lavez-vous mis fort loin au-delà de la porte? Je me suis dispensé de le mener plus loin. Nous naifons rien conclu, nais ce nest pas ma faute. Si je m'en trouvais mal, vous ne seriez pas bien. .. Tout le reste est écrit de ce style.

ii8 SERTORIUS.

SERTORIUS

De Pompée en ces lieux savez-vous ce qu on dit? L'avez-vous mis fort loin au-delà de la porte ?

PERPENNA

Comme assez près des murs il avoit son escorte, Je me suis dispensé de le mettre plus loin.

Mais de votre secours, seigneur, j'ai grand besoin. Tout son visage montre une fierté si haute....

Nous n'avons rien conclu, mais ce n'est pas ma faute Et vous savez....

PERPENNA

Je sais qu'en de pareils débats....

SERTORIUS

Je n'ai point cru devoir mettre les armes bas ; Il n'est pas encor temps.

PERPENNA

Continuez, de grâce; Il n'est pas encor temps que l'amitié se lasse.

SERTORIUS

Votre intérêt m'arrête autant comme le mien : Si je m'en trouvois mal, vous ne seriez pas bien.

PERPENNA

De vrai , sans votre appui je serois fort à plaindre ; Mais je ne vois pour vous aucun sujet de craindre*

SERTORIUS

Je serois le premier dont on seroit jaloux; Mais ensuite le sort pourroit tomber sur vous. Le tyran après moi vous craint plus qu'aucun autre* Et ma tête abattue ébranleroit la vôtre.

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