‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 3)Chapitre 61 sur 278 · ACTE V, SCÈNE I. 12g · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE I. 12g

Et rendre notre Espagne en lauriers si féconde, Qu'on voie un jour le Pô redouter ses efforts. Et le Tibre lui-même en trembler pour ses bords.

ARISTIE

Votre dessein est grand; mais à quoi qu'il aspire....

Il m'a dit les raisons que vous me voulez dire.

Je sais qu'il seroit bon de taire et différer

Ce glorieux hymen qu'il me fait espérer :

Mais la paix qu'aujourd'hui l'on offre à ce grand homme

Ouvre trop les chemins et les portes de Rome.

Je vois que, s'il y rentre, il est perdu pour moi,

Et je l'en veux bannir par le don de ma foi.

Si je hasarde trop de m'étre déclarée.

J'aime mieux ce péril que ma perte assurée;

Et, si tous vos proscrits osent s'en désunir.

Nos bons destins sans eux pourront nous soutenir.

Mes peuples aguerris sous votre discipline

N'auront jamais au cœur de Rome qui domine;

Et ce sont des Romains dont l'unique souci

Est de combattre, vaincre, et triompher ici.

Tant qu'ils verront marcher ce héros à leur tète.

Us iront sans frayeur de conquête en conquête.

Un exemple si grand dignement soutenu

Saura.... Mais que nous veut ce Romain inconnu ' ?

' Gomme Pompée et Sertorius ont eu un entretien qui n*a rien produit , Aristie et Viriate ont ici un entretien non moins inutile ; mais plus froid. Viriatè conte à Aristie l'histoire de Sertorius, <]u'el]e a déjà contée à d'autres dans les actes précédents.

Les fautes principales de langage sont , daigner j)encher sa ma in , 8. 9

i3o SERTORIUS.

Page 1