ACTE V, SCÈNE I. 12g
Et rendre notre Espagne en lauriers si féconde, Qu'on voie un jour le Pô redouter ses efforts. Et le Tibre lui-même en trembler pour ses bords.
ARISTIE
Votre dessein est grand; mais à quoi qu'il aspire....
Il m'a dit les raisons que vous me voulez dire.
Je sais qu'il seroit bon de taire et différer
Ce glorieux hymen qu'il me fait espérer :
Mais la paix qu'aujourd'hui l'on offre à ce grand homme
Ouvre trop les chemins et les portes de Rome.
Je vois que, s'il y rentre, il est perdu pour moi,
Et je l'en veux bannir par le don de ma foi.
Si je hasarde trop de m'étre déclarée.
J'aime mieux ce péril que ma perte assurée;
Et, si tous vos proscrits osent s'en désunir.
Nos bons destins sans eux pourront nous soutenir.
Mes peuples aguerris sous votre discipline
N'auront jamais au cœur de Rome qui domine;
Et ce sont des Romains dont l'unique souci
Est de combattre, vaincre, et triompher ici.
Tant qu'ils verront marcher ce héros à leur tète.
Us iront sans frayeur de conquête en conquête.
Un exemple si grand dignement soutenu
Saura.... Mais que nous veut ce Romain inconnu ' ?
' Gomme Pompée et Sertorius ont eu un entretien qui n*a rien produit , Aristie et Viriate ont ici un entretien non moins inutile ; mais plus froid. Viriatè conte à Aristie l'histoire de Sertorius, <]u'el]e a déjà contée à d'autres dans les actes précédents.
Les fautes principales de langage sont , daigner j)encher sa ma in , 8. 9
i3o SERTORIUS.