ARCAS, THAMIRE
AUFIDE
Seigneur, Pompée est arrivé.
Nos soldats mutinés, le peuple soulevé <.
La porte s'est ouverte à son nom , à son ombre. Nous n'avons point d'amis qui ne cèdent au nombre : Antoine et Manlius déchirés par morceaux,
' Ceci est une aventure nouvelle qui n'est pas assez pr<^paree. Pompée pouvait venir ou ne venir pas le même jour; les soldats pouvaient ne se pas mutiner : ces accidents ne tiennent point au nœud de la pièce. Toute catastrophe qui n'est pas tirée de l'intrigue est un défaut de l'art, et ne peut émouvoir le spectateiu'.
i42 SERTORIUS.
Tout morts et tout sanglaots , ont encor de3 bourreaux On cherche avec chaleur le reste des complices, Que lui-même il destine à de pareils supplices. Je défendois mon poste, il Fa soudain forcé.
Et de sa propre main tous me voyez percé ; Maître absolu de tout, il change ici la garde. Pensez à vous, je meurs ; la suite vous regarde.
ABISTIE.
Pour quelle heure, seigneur, faut-il se préparer ■ A ce rare bonheur qu'il vient vous assurer?
Avez-vous en vos mains un assez bon otage, Pour faire vos traités avec grand avantage?
PRRPENNA.
C'est prendre en ma faveur im peu trop de souci, Madame; et j'ai de quoi le satisfaire ici.
' ArUtie répète ici les mêmes choses que lui a dites Perpenna dans la scène précédente. On a déjà observe que l'ironie doit rarement être employée dans le trafique ; mais dans un moment qui doit inspirer le trouble et la terreur, elle est un défaut capital.
Aristie ne fait ici qu'un rôle inutile et peu digne de la femme de Pompée. On a tué Sertorius qu'elle n'aimait point; elle se trouve dans les mains de Perpenna; elle ne sert qu'à faire remarquer combien elle a fait un voyage inutile en Espagne.