SCÈNE III
SOPHONISBE, ÉRYXE, MASSINISSE, BÂBCÉE, HERMINIE, MÉZÉTULLE.
ÉRTXE.
Tout a changé de face.
Madame, et les destins vous ont mise en ma place. Vous me deviez servir malgré tout mon courroux,
aoo SOPHONISBE. >
Et je fais à présent même chose pour vous :
Je vous Tavois promis, et je vous tiens parole.
SOPHONISBE
Je vous suis obligée; et ce qui m'en console. C'est que tout peut changer une seconde fois ; Et je vous rendrai lors tout ce que je vous dois.
ÉRTXE.
Sj le.ciel jusque-là vous en laisse incapable, Vous pourrez quelque temps être ma redevable, Non tant d'avoir parlé, d'avoir prié pour vous. Comme de vous céder un entretien si doux.
Voyez si c'est vous rendre un fort méchant office Que vous abandonner le prince Massinisse.
SOPHONISBE
Ce n'est pas mon dessein de vous le dérober.
ÉRTXE.
Peut-être en ce dessein pourriez-vous succomber. Mais, seigneur, quel qu'il soit, je n'y mets point d'obstacl( Un héros, comme un dieu, peut faire des miracles; Et, s'il faut mon aveu pour en venir à bout.
Soyez sûr de nouveau que je consens à tout.
Adieu'.
' Ce qui fait que cette petite scène de bravades entre Éryxe et Sophonisbe est froide, c*est qu'elle ne change rien à la situation, c'est qu'elle est inutile, c'est que ces deux femmes ne se bravent que pour se braver.