‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 4)Chapitre 102 sur 248 · ACTE V, SCÈNE III. j.i · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE III. j.i

Vu nous dois à tous (!i;lix.

HKRACLriIS.

Et pour reconn ois sauce (e vous rends votre fils, je lui rends sa naissance.

PHOCAS

Tu me lotes, cruel, et le laisses mourir.

HÉHACLIUS.

le meurs pour vous le rendre, et pour le secourir.

PHOCAS

G est me 1 ôter assez que ne vouloir plus Ictre.

IIÉRACLIUS.

C'est vous le rendre assez que le faire connoitre.

l'HOCAS.

C'est me Tôter assez que me le supposer,

HÉRACLIUS

C'est vous le rendre assez que vous désabuser'.

PHOCAS

Laisse-moi mon erreur, puisqu'elle m'est si chère. Je t'adopte pour fils, accepte-moi pour père : Fais vivre Hémclius sous liin ou l'autre ,wrt'; Pour moi, pour toi, pour lui, Fais-toi ce peu d'effoi-L

IIÉIIACI.IUS.

Ahl c'en est trop enfin, et ma {jloire Lleiisce Jépouille un vieux respect oii je l'avois forcée'. De quelle ignominie osez-vous me flatter?

' Ces rép^lilions, élcrasue:, reiiilre tisfe^, toiu une Es[)«ce de jeo de iDOt» et de .sjiuc'lric , qui, n'ajaulagi rien » la siluaiiiin, puveni faire languir.

' On ne peut dire, vivre sous un sort.

' .le ne (lis ïi ticracliuï, <iaai l'iiiccilitude uù il eH de &a uais-

212 HÉRACLIUS

Toutes les fois, tyran, qu'on se laisse adopter. On veut une maison illustre autant qu amie, On cherche de la gloire, et non de Finfamie; Et ce seroit un monstre horrible à vos états Que le fils de Maurice adopté par Phocas.

PHOCAS

Va, cesse d'espérer la mort que tu mérites; Ce n'est que contre lui, lâche, que tu m'irrites : Tu te veux rendre en vain indigne de ce rang; Je m'en prends à la cause, et j'épargne mon sang. Puisque ton amitié de ma foi se défie Jusqu'à prendre son nom pour lui sauver la vie, Soldats, sans plus tarder, qu'on l'immole à ses yeux Et sois après sa mort mon fils si tu le veux.

uÉRACLius, aux soldats.

Perfides, arrêtez.

MARTIAN

Ah ! que voulez-vous faire , Prince?

HÉRAGLIUS.

Sauver le fils de la fureur du père.

MARTIAN

Conservez-lui ce fils qu'il ne cherche qu'en vous;

sance , doit répondre avec tant d'indignation et de mépris à un empereur qui est peut-être son père. Cette scène d'ailleurs faitui grand effet, quoique la perplexité où est le spectateur n'ait point augmenté; mais c'est beaucoup que, dans un tel sujet, elle soit ton jours entretenue : c'est un très grand art d*y être parvenu, et ce* une grande ressource de génie. Martian fait seulement un pc^ sonnage froid dans la scène; il n'y parle qu'une fois, et est m personnage purement passif.

Page 1