ACTE V, SCÈNE 11. :ito
U n est pas moins tyran quand il vuus favorise, Puisque c'est ce cœur même alors qu'il tyrannise; Et que votre devoir, par là mieux combattu, Prince,meEenpéril jusqu'à votre vertu.
Doutez, mais haïssez; et, quoi qu'il exécute, Je douterai d'un nom qu'un autre vous dispute : En douter torsqu'en moi vous cherchez quelque appui, Si c'est trop peu pom' vous, c'est assez contre hii. L'un de vous est mon frère, et l'autre y peut prétendre Entre tant de vertus mon choix se peut méprendre; Mais je ne puis faillir, dans votre sort douteux, A chérir t'un et l'autre, et vous plaindre tous deux. J'espère encor pourtant; on murmure, on menace, Un tumulte, dit-on, s'élève dans la place:
Exupcre est allé fondre sur ces mutins; El peut-être de là dépendent nos destins. Mais Pliocas entre.
SCKNE III.
i'Hna^S, HÉRACJJl s. MARÏIAN, PULCHÉRIE,
CAIIDFS.
PHOCAS
Eh bien! se rendra-t-il, niiidamc?
PULCKËniE.
Quelque effort que je làsac à lire daus son aine, 3e n'en vois que l'effet que je ni'étois promis ' :
' CeIh n'eal pas français ; on a île la peine h Uit; on fait effort i?inir[;re;et (■e£feI(func//"r(n'apa^l.ns«iiaaHcatlair.
mo HÉRACLIUS.
Je trouve trop d'un frère, et vous trop peu d'uû fils».
PHOCAS
Ainsi le ciel vous veut enrichir de ma perte.
PULCHÉRIE
Il tient en ma faveur leur naissance couverte^ : Ce frère qu'il me rend seroit déjà perdu Si dedans votre sang il ne Teùt confondu.
PHOCAS, à Pulchérte.
Cette confusion peut peixlre Fun et l'autre.
En faveur de mon sang je ferai grâce au vôtre : Mais je veux le connoître; et ce n'est qu'à ce prix Qu'en lui donnant la vie il me rendra mon fils. (à Héraclius,) Pour la dernière fois, ingrat, je t'en conjure; Car enfin c'est vers toi que penche la nature; tetge n'ai point pour lui ces doux empressements qui d'un cœur paternel font les vrais mouvements. Ce cœur s'attache à toi par d'invincibles charmes. En crois-tu mes soupirs? en croiras-tu mes larmes'? i Songe avec quel amour mes soins t'ont élevé.
Avec quelle valeur son bras t'a conservé;
' Elle ne fait là que répéter ce que Phocas a dit au quatrième '^ acte; et cette autithèse de trop et de trop peu est souvent répétée.
^ Le ciel qui tient une naissance couverte! ce n'est pas le mot propre; couvert ne veut pas dire incertain, obscur»
^ Il y a ici une remarque importante à faire pour toute la tragédie; c'est qu'il ne faut jamais faire en aucun cas ni soupirer m pleurer ceux dont les larmes ne font soupirer ni pleurer personne. ♦ Pour peu qu'on connaisse le cœur humain, on sent bien qu* les soupirs et les larmes d'un Phocas ressemblent à la.Toix duloup berger.