‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 4)Chapitre 132 sur 248 · ACTE I, SCÈNE [I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE [I

CASSIOPE

(Je blaspliùme, seigneur, de quoi vous m accusez'....

CÉPHÉE

MiidainL-, après les maux que vous avez causés. C'est à vous à pleurer, et non à vous défendre. Voyez, voyez quel sang vous avez fait répandre; Et ne laissez paroitre en cette occasion Que larmes, que soupirs, et que confusion.

(àPhinée.) Je vous le dis encore, elle la crut Uop belle; !i( peut-être le sort l'en veut punir en elle : Dérober Andromède à cette élection, C'est dérober sa mère à sa punition.

PHINKK.

Déjà cinq fois, seigneur, à ce choix exposée. Vous voyez que cinq fois le sort l'a refusée.

Cf-PHÉE.

Si le courroux du ciel n'eu veut point à ses jours, le qu'il a fait cinq fois il le fera toujours ».

puînée.

I-c tenter si souvent , c'est lasser sa clémence : !i pourra vous punir de trop de confiance; Vouloir toujours faveur, (j'cat trop lui demander, £i c'est un crime enfin que de tant hasarder. UfflS quoi! n'est-il, seigneur, ni bonté paternelle,

• (J( blasphème ilf ijuoi on l'accuse, el cette longue cûnlestalion Mre \e mari et la femme , dan j un si grand malheur , d'csI jias ini doute excnsabte.

'On a déjà dit nvec quel soi» il fnut éviter ces «équivoques*.

Ni tendresse du sang qui vous parle pour elle?

CÉPHÉE

Ah ! ne m'arrachez point mon sentiment secret. Phinée, il est tout vrai, je Texpose à regret. J aime que votre amour en sa:^veur me presse; La nature en mon cœur avec lui s'intéresse; Mais elle ne sauroit mettre d'accord- en.moi , Les tendresses d'un père et les devoirs d'un roi; Et, par une justice à moi-même sévère, Je vous refuse en roi ce que je veux en père.

PHINÉE

Quelle est cette justice, et quelles sont cesiois Dont Faveugle rigueur s'étend jusques uux rois?

CÉPHÉE

Celles que font les dieux, qui, tout rois que nous Punissent nos forfaits ainsi que ceux des honunes, Et qui ne nous font part de leur sacré pouvoir Que pour le mesurer aux régies du devoir. . Que diroient mes sujets si je me faisois grâce, Et si, durant qu'au monstre on expose leur race. Ils voy oient, par un droit tyrannique et honteux, Le crime en ma maison, et la peine sur eux?

PHINÉE

Heureux sont les sujets, heureuses les provinces Dont le sang peut payer pour celui de leurs prinoesl j

CÉPHÉE

Mais heureux est le prince, heureux sont ses projets, j ' Quand il se fait justice ainsi qu'à ses sujets! Notre oracle, après tout, n'excepte point ma fille, , Ses termes généraux comprennent ma famille; f:ciif

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