‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 4)Chapitre 144 sur 248 · DE NYMPHES, UN PAGE, SUITE DE PHINÉE · texte numérisé non relu

DE NYMPHES, UN PAGE, SUITE DE PHINÉE

TIMANTE

Ah, seigneur! ah, madame!

PHINÉE

Que nous veux-tu, Timante, et qui trouble ton ame?

TIMANTE

Le pire des malheurs.

PHINÉE

Le roi seroit-il mort?

TIMANTE

Non, seigneur; mais enfin le triste choix du sort Vient de tomber.... Hélas! pourrai-je vous le dire?

Est-ce sur quelque objet pour qui ton cœur soupire?

TIMANTE

Soupirer à vos yeux du pire de ses coups.

N'est-ce pas dire assez qu'il est tombé sur vous?

PHINÉE

Qui te fait nous donner de si vaines alarmes?

Andromède qui rend sérénade pour sérénade; c'est approchez y LiriopCy et rendez-lui son change^ etc. Il semble que tout cela ait été fait pour la noce d'un bourgeois de la rue Thibautodé. Mais que Ton considère que les Français n'avaient aucun modèle <lans ce genre ; nous n'avons rien de supportable avant Quinault 'lans le lyrique.

TIMANTE

Si VOUS n en croyez pas mes soupirs et mes larmes, Vous en croirez le roi, qui bientôt à vos yeux La va livrer lui-même aux ministres des dieux.

PHINÉE

C'est nous faire, Timante, un conte ridicule; Et je tiendrois le roi bien simple et bien crédule, Si plus qu une déesse il en croyoit le sort.

TIMANTE

Le roi non plus que vous ne Ta pas cru d'abord; Il a fait par trois fois essayer sa malice , Et Fa vu par trois fois faire même injustice; Du vase par trois fois ce beau nom est sorti.

PHINÉE

Et toutes les trois fois le sort en a menti.

Le ciel a fait pour vous une autre destinée; Son ordre est immuable, il veut notre byménée; Il le veut, il y met le bonheur de ces lieux; Et ce n'est pas au sort à démentir les dieux.

Assez souvent le ciel par quelque fausse joie Se plaît à prévenir les maux qu'il nous envoie ' ; Du moins il m'a rendu quelques moments bien doux

■ Le plus grand fruit que Ton puisse recueillir de cette pièce, c'est d'en comparer les situations et les expressions avec celles de VIphigénie de Racine. Iphigenie, dans les jnêmes circonstances, dit à son amant :

Je meurs dans cet espoir satisfaite et tranquille ; Si je n'ai pas vëcu la compagne d'Achille , J'espère que du moins un hcurcu^i avenir

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