ACTE TROISIEME
Il se Fait ici une si étrange métamoqphose, qu il semble qu avant que de sortir de ce jardin Persée ait découvert cette monstrueuse tête de Méduse qu'il porte par-tout sous son bouclier. Les myrtes et les jasmins qui le composoient sont devenus des rochers affreux, dont les masses inégalement escarpées et bossues suivent si parfaitement le caprice de Ut nature» qu il semble qu'elle ait plus contribué que Tart à les placer ainsi des deux côtés du théâtre : c'est en quoi l'artifice de l'ouvrier est merveilleux, et se fait voir d'autant plus, qu'il prend soin de se cacher. Les vagues s'emparent de toute la scène, à la réserve de cinq ou six pieds qu'elles laissent pour leur servir de rivage; elles sont dans une agitation continuelle, et conrposent comme un golfe enfermé entre ces deux rangs de hlaises : on en voit l'eniboucliui'e se dégorger dans la pleine mer, qui paroit si vaste et d'une si grande étendue, qu'on jureroit que les vaisseaux qui flottent près de l'horison, dont la vue est bornée , sont éloignés de plus de six lieues de ceux qui les considèrent. Il n'y a personne qui ne juge que cet ho^ rible spectacle est le funeste appareil de l'injustice des dieux et du supplice d'Andromède r aussi la voit-on au haut des nues, d'où les deux vents qui l'ont enlevée l'apportent avec impétuosité et l'attachent au pied d'un de ces rochers. •