‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 4)Chapitre 151 sur 248 · ACTE III, SCÈNE I. 3n · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE I. 3n

La princesse, et mourir, s'il se peut, à sa vue.

CHQCUB.

La voilà que ces vents achèvent d'attacher, En infâmes bourreaux, à ce fatal rocher.

TIMANTE

Oui, c'est elle sans doute. Ah! lindigne spectacle!

CHŒUH.

Si le ciel n'est injuste, il lui doit nu miracle.

(Les vents s'envolent.) Tl M A N T E.

Il en fera voir un, s'il en croit nos désirs.

ASDRUMÉDE.

dieux !

TIMASTE.

Avec respect écoulons ses soupirs; Et puissent les accents de ses premières plaintes Porter dans tous nos cœurs de mortelles atteintes !

ANOBOMÉDE,

Affreuse image du trépas

Qu'un triste honneur m'avoit fardée, Surprenantes horreurs, épouvantable idée,

Qui tantôt ne m'ébianhez pas, Que l'on vous conçoit mal quand on vous envisage

Avec un peu d'éloignenient ■ !

Qu'on vous méprise alors! qu'on vous brave aisément i

L ' On doit remarquer un défaut que Corueille n'a pu tvuer Jati^

■ ancnne de ses pièces de lliéàlrej c'e^t do faire parler le pueleù la

I place du personnage; c'est de tneiti'een fruids raisonnenienls, en

^ maiimes générales, ce qui duil êlre en sentiment; dcfaul dans

1 Itijuel Racine n'est jamais tombé.

3o6 ANDROMÈDE.

Mais que la grandeur de courage Devient d W difficile usage Lorsqu'on touche au dernier moment i

Ici seule, et de toutes parts

-A mon destin abandonnée , Ici que je n'ai plus ni parents, ni Phinée,

Sur qui détourner mes regards, L'attente de la mort de tout mon cœur s'empare :

Il n a qu'elle à considérer; Et, quoi que de ce monstre il s'ose figurer»

' Ma constance qui s'y prépare

Le trouve d'autant plus barbare

Qu'il difiere à me dévorer.

Étrange effet de mes malheurs !

Mon ame traînante, abattue, N'a qu'un moment à vivre, et ce moment me tue

A force de vives douleurs.

Ala frayeur a pour moi mille mortelles feintes,

Cependant que la mort me fuit; Je pâme au moindre vent, je meurs au moindre brui

Et mes espérances éteintes

N'attendent la fin de mes craintes

Que du monstre qui les produit.

Qu'il tarde à suivre mes désirs!

Et que sa cruelle paresse A ce cœur dont ma flamme est encor la maîtresse Goûte d'amers et longs sou{Hrsl

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