ACTE III, SCÈNE I. 3n
La princesse, et mourir, s'il se peut, à sa vue.
CHQCUB.
La voilà que ces vents achèvent d'attacher, En infâmes bourreaux, à ce fatal rocher.
TIMANTE
Oui, c'est elle sans doute. Ah! lindigne spectacle!
CHŒUH.
Si le ciel n'est injuste, il lui doit nu miracle.
(Les vents s'envolent.) Tl M A N T E.
Il en fera voir un, s'il en croit nos désirs.
ASDRUMÉDE.
dieux !
TIMASTE.
Avec respect écoulons ses soupirs; Et puissent les accents de ses premières plaintes Porter dans tous nos cœurs de mortelles atteintes !
ANOBOMÉDE,
Affreuse image du trépas
Qu'un triste honneur m'avoit fardée, Surprenantes horreurs, épouvantable idée,
Qui tantôt ne m'ébianhez pas, Que l'on vous conçoit mal quand on vous envisage
Avec un peu d'éloignenient ■ !
Qu'on vous méprise alors! qu'on vous brave aisément i
L ' On doit remarquer un défaut que Corueille n'a pu tvuer Jati^
■ ancnne de ses pièces de lliéàlrej c'e^t do faire parler le pueleù la
I place du personnage; c'est de tneiti'een fruids raisonnenienls, en
^ maiimes générales, ce qui duil êlre en sentiment; dcfaul dans
1 Itijuel Racine n'est jamais tombé.
3o6 ANDROMÈDE.
Mais que la grandeur de courage Devient d W difficile usage Lorsqu'on touche au dernier moment i
Ici seule, et de toutes parts
-A mon destin abandonnée , Ici que je n'ai plus ni parents, ni Phinée,
Sur qui détourner mes regards, L'attente de la mort de tout mon cœur s'empare :
Il n a qu'elle à considérer; Et, quoi que de ce monstre il s'ose figurer»
' Ma constance qui s'y prépare
Le trouve d'autant plus barbare
Qu'il difiere à me dévorer.
Étrange effet de mes malheurs !
Mon ame traînante, abattue, N'a qu'un moment à vivre, et ce moment me tue
A force de vives douleurs.
Ala frayeur a pour moi mille mortelles feintes,
Cependant que la mort me fuit; Je pâme au moindre vent, je meurs au moindre brui
Et mes espérances éteintes
N'attendent la fin de mes craintes
Que du monstre qui les produit.
Qu'il tarde à suivre mes désirs!
Et que sa cruelle paresse A ce cœur dont ma flamme est encor la maîtresse Goûte d'amers et longs sou{Hrsl