ACTE in. SCÈNE III. 3i
II est digne de toi, rends-toi digne de lui.
PEESÉE.
Il faut la mériter par mille autres services j Un peu d'espoir sufBt pour de tels sacrifîces.
Princesse, cependant quittez ces tristes lieux, Pour rendre à votre cour tout l'éclat de vos yeux. Ces vents , ces mêmes vents qui vous ont enlevée. Vont rendre de tout point ma victoire achevée : L'ordre que leur prescrit mon père Jupiter Jusqu'en votre palais les force à vous porter, Les force à vous remettre où tantôt leur surprise...,
ANnilOMÉOE.
D'une frayeur mortelle à peine encor remise.
Pardonnez, grand héros, si mon étonnement
K'a pas la liberté d'aucun remerciement.
PERSÉE
Venez, tyrans des mers, réparer votre crime.
Venez restituer cette illustre victime;
Méritez votre grâce, impétueux mutins,
Par votre obéissance au maître des destins.
(Les Teuts obéissent aussitôt à ce commandement dcPei"S(Se; et on les voit en un moment détaclier celle priDfiessc, et la reporter par-dessus les flots jusqu'au lieu d'où ils l'avoicnt apportée au commencement de cet acte. En même temps Percée revole en liant sur son ciieval ailé; et, après avoir fait une caracole admirable au milieu de l'air, il tire du même coin qu'on a vu disparoilre la princesse: tandis qu'il vole, tout (p rivage retentit de cris de joie etde chants de victoire, j C4SSI0PE, voyant Pcrsée revoler en haut apii's w victoij'C.
Peuple, qu'à pleine vois l'alégresse publique
3i4 ANDROMÈDE. ^
Après un tel miracle en triomphe s'explique, Et fasse retentir sur ce rivage heureux L'immortelle valeur d un bras si généreuK.
CHOEUR
Le monstre est mort, crions victoire, Victoire tous , victoire à pleine voix ; Que nos campagnes et nos bois Ne résonnent que de sa gloire.
Princesse, elle vous donne enfin Tillustre époux Qui seul étoit digne de vous.
Vous êtes sa digne conquête.
Victoire tous , victoire à son amour l
C'est lui qui nous rend ce beau jour,
C'est lui qui calme la tempête :
Et c'est lui qui vous donne enfin l'illustre époux
Qui seul étoit digne de vous.
GASSiOPE, après (fue Persée a disparu^ Dieux! j'étois sur ces bords immobile de joie! Allons voir où ces vents ont reporté leur proie, Embrasser ce vainqueur, et demander au roî L'effet du juste espoir qu'il a reçu de moi.