CI\TIA
Ajoute que tu me regardais alors avec des ycuxdailmi-
ration, et à présent c'est moi qui t'admire.
UÉRACLIVS.
Qu'admirez-vous en moi? rien que les vicissitudes in-
compréhensibles de ma vie. Je vous trouve ici ; vous vou-
lez que je fuie ; moi fuir, et fuir de vos yeux ! ce sont deu\
choses si impossibles, que si elles arrivaient, elles diraient
qu'elles ne peuvent pas arriver.
CtSTlA.
■ Sans te dire ici que mon bor.hciu' est Je te voir en ■,{<■-.
6o LA COMÉDIE FAMEUSE.
ce bonheur ne sera-t-il pas plus grand si tu enfonces ce passage, et si tu restes victorieux?
HERACLIUS
Je ne veux point vaincre à ce prix en combattant contre vous.
CI N T I A 9 à Libia qui Faccompagne.
Libia , ne m'abandonne point ; j'ai soin de ma rëputa* tion et de la tienne.
HERACLIUS
Je ne sais si je dois vous croire.
GINTIA.
Pourquoi non?
HERACLIUS
Parceque si vous me traitez avec tant de bonté k présent, vous direz peut-être, comme vous avez déjà fait, que vous ne vous en souvenez plus, et que mon bien et mon mal vous sont indifférents.
(Des voix s'élèvent au fond du théâtre.) LES SOLDATS DE FREDERIC
C'est par là qu'Héraclius a pasçé.
FRÉDÉRIC
Passez tous après lui.
HERACLIUS, à Cintia.
Malheureux que je suis ! quand je voudrais fuir ', je ne pourrais; vos troupes reviennent avec les miennes. Voyezvous cette troupe qui s'effraie, et qui abandonne le poste que vous gardiez? Fuyez, vous pourrez à peine sauver votre vie.
GINTIA.
Non , tu pourrais fuir ; les autres ne fuiront pas.
' On ne conçoit rien à ce discours ^'Héraclius. Tantôt il parle en héros , tantôt en poltron. Si c'est une ironie avec Cintia , il est difficile de s'en aper^ cevoir.
TROISIÈME JOURKÉE.
Tournez tête, soldats ; ils ont forci' le passage que gardait Cintia ; défendons sa vie, je serai le premier ^ mourir. HiRACLfi.'S, se jetant sur Léonide.
Oui, tu mourras de tnamain, ingrat, inhumain, cruel!
LÉOMDE.
Je ne suis point étonne de te voir en vie. Je suis pertiiadé que la mer n'a eu pitié de loi que pour préparer won triomphe.
(Ih comballeQl tous deui,} liÈHACLIUS.
Tout-à-l'heure tu vas le voir,