‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 4)Chapitre 21 sur 248 · CINTI · texte numérisé non relu

CINTI

Je ne peux me déclarer, malgré le désir que j'en ai. Je irains ma ruine si Héraclius est vainqueur, puisque son pouvoir détruira le mien. Si Léonide l'emporte, mes espérances sont perdues ; il est contre nies intérêts. Que feraije? ciel , secourez-moi ' !

(On entend les tambuurï.)

Brute, infidèle à ton maître, qui en brisant fou frein, brise les lois et le devoir, puisque tu oses ainsi prendre le mors aux dents, demeure, et en courant ainsi déchaîné, ne iiiis pas.

ni psal-elU craiodre Héraclius i^

6!i LA COMÉDIE FAMEUSE.

FRÉDÉRIC, à Héraciius, Charge-moi ce Phocas.

PHOCAS tombe en sautatU aux ennemis* O ciel ! ma vie est perdue !

HÉRACLius^ courant sur luL C'est mon ennemi , qu'il meure.

LÉONIDE

Qu'il ne meure pas.

PHOGAS4

Malheureux ! qu'ai-je entendu? tout est toujours équivoque entre eux. Toujours ces voix , « qu'il meure , qu'il ne meure pas ! » Qui des deux me tue? qui des deux me défend? je suis toujoiu's en doute, je suis confondu.

HÉRACLIUS

Ne sois plus en doute à présent. Si tu as voulu faire ici l'essai de ta tragédie , la voici terminée. La vérité se montre. Nous avons changé de rôle Léonide et moi.

PHOCAS

Quel rôle?

Celui de Léonide était d'être cruel , le mien d'être humain ; il disait la première fois , m qu'il meure , » et moi , « qu'il ne meure pas. » Tout est changé ; c'est lui qui te défend , et c^est moi qui te donne la mort.

CINTIA.

Héraciius , je suis à ton côté.

PHOGA8.

Ce n'était donc pas un vain présage quand j'ai cru voir ton glaive ensanglanté ?

LÉONIDE

Je ne me suis donc pas trompé non plus, en devinant que c'était cette femme avant de l'avoir vue.

(Libia, Frédéric et des soldats s'approchent.)

Cest ici qu'est tombe Phocas.

Ceat ici que son cheval l'a ji-iti par terre.

LtONlUE.

Je ne suis donc venu ici que pour ma perle 1

(Troupe de soldais,)

Accourez tous.... Mais que vois-jc?

HÉRACLIUB.

Vous voyez un tyran à mes pieds; vous voyez, dans les mêmes campagnes où Maurice fut tue , la mort de Maurice vengée par son tils.

Non, tu n'es pas son fds.

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