‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 4)Chapitre 212 sur 248 · ACTE II, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VI

Un cœur n'est à personne alors qu'il est à deux ; Aussitôt qu'il les offre il dérobe ses vœux; Ce qu'il a de constance, à choisir trop timide. Le rend vers l'une ou l'autre incessamment perfide; Et, comme il n'est enfin ni rigueurs ni mépris Qui d'un pareil amour ne soient un digne prix, Il ne peut mériter d'aucun œil qui le charme, En servant, un regard, en mourant une larme.

CARLOS

Vous seriez bien sévère envers un tel amant.

D. EL VIRE

Allons voir si la reine agiroit autrement,

S'il en devroit attendre un plus léger supplice.

Cependant don Alvar le premier entre en lice; Et vous savez l'amour qu'il m'a toujours fait voir.

CARLOS

Je sais combien sur lui vous avez de pouvoir.

D. ELViriE.

Quand vous le combattrez , pensez à ce que j'aime , El ménagez son sang comme le vôtre même.

CABLOS.

Quoi '. m'ordonne riez -vous qu'ici j'en fisse un roi?

D. ELVIRE

Je vous dis seultimcnt que vous pensiez à moi.

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