ACTE lil, SCÈNE I
Et je n'ai pas une ame assez basse et commune Pour en faire un appui de ma triste fortune.
C'est chez moi, don Alvar, dans ia pompe et l'éclat, (^e me le doit choisir le Lieu de mon état.
Il falloit arracher mon sceptre à mon rebelle, Le remettre en ma main pour le recevoir d'elle; Je vous aurois peut-être alors considéré Plus que ne m'a permis un sort si déploré :
Mais une occasion plus prompte et plus brillante A surpris cependant votre amour chancelante j Et, soit que votre cœur s'y trouvât disposé, Soit qu'un si long refus 1 y laissât exposé, Je ne vous blâme point de l'avoir acceptée :
De plus constants que vous l'auroient bien écoulée. Quelle qu'en soit pourtant la cause ou la douleur. Vous pouviez l'embrasser avec moins de chaleur, Combattre le dernier, et, par quelque apparence, Témoigner que l'honneur vous faisoit violence; De cette illusion l'artifice secret M'eût forcée à vous plaindre, et vous perdre à regrcl : Mais courir au-devant, et vouloir bien qu'on voie Que vos vœux mal reçus m'échappent avec joie!
D. ALVAR
Vous auriez donc voulu que l'honneur d'un tel choix Eût montré votre amant le plus lâche des trois? Que pour lui cette gloire eût eu trop peu d'amorces, Jusqu'à ce qu'un rival eût épiiisé ses forces? Que....
n. ËLVIItE.
Vous achèverez au sortir du 1 ouihal ,
4a8 DON.SANGHE.
Si toutefois Carlos vous en laisse en état.
Voilà vos deux rivaux avec qui je vous laisse; Et vous dirai demain pour qui je m'intéresse.
D. ALVAR
Hélas ! pour le bien voir je n ai que trop de jour.