‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 4)Chapitre 242 sur 248 · ACTE V, SCÈNE V. 46fi · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE V. 46fi

Vous exercez sans peine une haute vertu.

Peut-être elle ne fait qu'une embûche à la mienne : La gloire de mon nom vaut bien qu'on la retienne; Mais son plus bel éclat seroit trop acheté, Si je le retenois par une lâcheté.

Si ma naissance est basse, elle est du moins sans tache Puisque vous lasavez, je veux bien qu'on la sache.

Sanche, Gis d'un pécheur, et non d'un imposteur, De deux cqmles jadis fut le libérateur; Sanche, fils d'un pécheur, mettoit naguère en peine Deux illustres rivaux sur le choix de leur reine; Sanche, fils d'un pécheur, tient encore en sa main De quoi faire bientôt tout l'heur d'un souverain; Sanche enfin, malgré lui, dedans cette province, Quoique fils d'un pêcheur, a passé pour un prince.

Voilà ce qu'a pu faire, et qu'a fait à vos yeux Un cœur que ravaloit le nom de ses aïeux.

La gloire qui m'en reste après cette disgrâce Éclate encore assez pour honorer ma race, Et paroîtra plus grande à qui comprendra bien Qu'à l'exemple du ciel j'ai fait beaucoup de rien.

D. LOPE

Cette noble fierté désavoue un tel père,

jamais d'exemple, ni dans Virale, ni dauB Cicéran, ni dam Horace, ni dans Ilacioe.

Bemarquei encore qae le mot de ciel uen pas ici a îa pljcp, âuendu que Dieu a créé le ciel ei la icrre , el i|u'oii ne peut dire ea celte occasion que le ciet a fait beaucoup di: rien.

466 DON SANGHE.

Et, par un témoignage à sôi-méme oontFaîrei Obscurcît de nouveau ee (fàùa voitéclaim.

Non, le fils d'un pédieur ne parle point ainsi> Et son amepâfôtft si dignement formée 9 .

Que j'en crois plus que lui Terreur que j^ai semée. Je le soutiens, Garios, y<ilis n êtes point son fils; La justice du cid ne peut 1 avoir permis :

Les «endresses du sang vous font une imposture^ Et je démens pour vous la voix de la nature.

Ne vous repentez point de taAt de dignités Dont il vous pliit orner ses rares qualités : Jamais plus digne main ne fit plus digne ouvrage. Madame; il les relève avec ce grand courage; Et vous ne leur pouviez trouvel: plus haut appuis Puisque même le sort est au-dessous de lui.

La générosité cpi'en tous les trèis j'admire Me met en un état de n'avoir que leur dire , Et, dans la nouveauté de ces événements;, Par un iflttstre effort prévient mes sentiments.

Us parottront en vain, comtes^ s'ils vous excitent  lui rendre l'honneur que ses hauts faits méritent, Et ne dédaigner pas l'ilhistre et rare objet D'une haute valeur qui part d'un sang abject : Vous courez au-devant avec tant d<e franchise, Qu'autant que du pécheur je m'en trouve surprise.

Et vous, que par mon ordre ici j'ai retenu, Sanche, puisqu'à ce nom vous êtes reconno, Mii^aculeux héros, dont la gloire refuse L'avantageuse erreur d'un peuple qui s'abuse..

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