‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 4)Chapitre 38 sur 248 · ACTE ï, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE ï, SCÈNE II

Dis que je te le rends, et te fais des caresses, Pour apaiser des tiens les ombres vengeresses. Et tout ce qui pourra sous quelque autre couleur Autoriser ta haine, et flaller ta douleur; Pour un dernier effort je veux souffiir la rage Qu'allume dans ton eœur cette san;;lante image'. Mais c]ue t'a fait mon fils? éloit-il, au berceau,

Des tiens que je perdis le juge ou le bourreau? Tant de vertus qu'en lui le monde entier admire

Ne Tont-ellcs pas fait trop di{^ne de l'empire?

En ai-je eu quelque espoir qu'il n'ait assez rempli?

El voit-on sous le ciel prince plus accompli?

Tn cœur comme le tien, si grand, si magnanime....

PULCHÉniE.

Va, je ne confonds point ses vertus et ton crime;

\b{ mores. Est-U vraiiemblable qu'un guerrier Jur lii Jmpilojjble, tel qae Phocns, s'excuse doucemenl envers une personne

, Hs? S'il y élaîl forcd par la naiîon, si, eu mariant sou fils à Pul- I iherie, il excluait [léradîus du trùne, il .lurait raisou : mais lieral'en aura pas moins de droits, supposé qu'en effet on ail dei à un empire éleelîf, et supposé sur-loul qii'He'raclius soit

ne rage i/iiune loiijfaïKe ima/je allume', il n'rsl point iCiil- I 'mrj de sanglante image datis ce couplet *.

' Vokairc oublie que , parmi IWn, elle l'accuie d'avoir é\é

» rei>roches que Pulclier kbDurrbi.uileuramiUL

evi.

LuiqnidcloiulesiBic.

Gtauiauia=»icUm«.

V|>V. |-uDB{<e tanglanle qu'elle lu li»lliuiou dans iQ réponse:

remeL.ou.le.yeu.,eL

laqu

Pour apaiur des tieus 1

s ombres ïengereMCS.!:

iio HÉRACLIUS.

Comme ma haine est juste, et ne m aveugle pas. J'en vois assez en lui pour les plus grands états ■ ; J'admire chaque jour les preuves qu'il en donne; J'honore sa valeur, j'estime sa personne , Et penche d'autant plus à lui vouloir du bien^ Que s'en voyant indigne il ne demande rien, Que ses longues froideurs témoignent qu'il s'irrite De ce qu'on veut de moi par-delà son mérite, Et que de tes projets son cœur triste et confus Pour m'en faire justice approuve mes refus 3. Ce fils si vertueux d'un père si coupable, S'il ne devoit régner, me pourroit être aimable^; Et cette grandeur même où tu le veux porter^

' Cette phrase n est pas française : on est cligne de gouveniei de grands états ; on a assez de mérite pour être élu empereur mais je vois assez de mérite en lui pour un royaume y pour une ai mée^ eXQ., ne peut se dire, parceque le sens n*est pas complet. L mot pour^ sans yerbe , signifie tout autre chose ; cet ouvrage étai excellent pour son temps ; Phocas est bien patient pour un homm violent. De plus, on ne doit point dire que le fils d'un empereu est digne de gouverner les plus grands états ; car quel plus gram état que Tempire romain ?

' Je penche d'autant plus à lut vouloir du bien , etc. ; expression de comédie.

' Que ses longues froideurs témoignent qu'il s'irrite De ce qu'on veut de moi par-delà son mérite , Et que de tes projets son cœur triste et confus Pour m'en faire justice approuve mes refus.

Gela n*est pas d*un style élégant.

^ On ne peut dire, il m'est aimable^ hàissable; et pourtant l'o dit, il m* est agréable, désagréable, odieux y insupportable^ indiffi rent. On en a dit la raison.

* Porter à une grandeur^ cela n est ni élégant , ni correct : et u

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