‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 4)Chapitre 5 sur 248 · CI.NTIA · texte numérisé non relu

CI.NTIA

Pourquoi?

lIKHlCI.lirS.

a'i vous vous servez de vos vcu\ poui

faire des l.lr==il-

res , tenez-vous-en à leurs rayons : quel besoin avez-vous de vos flèches ?

CINTIA.

Pourquoi y a-t-il tant de grâce dans ton style, lorsque tant de férocité est sur ton visage? Ou ta voix n'appartient pas à ta peau, ou ta peau n'appartient pas à ta voix. J'étais d'abord en colère, et je deviens une statue de neige.

HERACLIUS

Et moi je deviens tout de feu.

{Au milieu de cette conversation, arrivent Libia et Léonide, qui se disent à peu près les mêmes choses que Cintia et HéracUus se sont dites. Toutes ces scènes sont pleines de jeu de théâtre. HéracUus et Léonide sortent et rentrent. Pendant qu'ils sont hors de la scène , les deux femmes troquent leurs manteaux ; les deux sauvages en revenant s*y méprennent, et concluent qu'Astolphe avait raison de dire que la femme est un tableau à double visage. Cependant on cherche de tout côté le vieillard Astolphe , qui s'est retiré dans sa grotte. Enfin Phocas parait avec sa suite , et trouve Cintia et Libia avec HéracUus et Léonide. )

CINTIA, en montrant HéracUus à Phocas.

J'ai rencontré dans les forêts cette figure épouvantable.

LIBIA.

Et moi, j'ai rencontré cette figure horrible; mais je ne trouve point cette vieille carcasse qui m'a fait tant de peur.

PHOCAS, aux deux sauvages.

Vous me faites souvenir de mon premier état : qui êtesvous?

HERACLIUS

Nous ne savons rien de nous, sinon que ces montagnes ont été notre berceau, et que leurs plantes ont été notre nourriture : nous tenons notre férocité des bétes qui l'habitent.

f PREMIliRR JOURNEE. 3:1

PHOCiK.

Jusque aujourd'hui , j'ai su ([uelquc cliose de moi-méine ; et vous autres, pourrai-je savoir aussi quelque chose do vous, si j'interroge ce vieillard qui en sait plus que vous deux?

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