I.ÉOMBE
Nous n'en savons rien.
Comment! je n'en saurai rien? Qu'on examine loules les grottes, tous les buissons et tous les précipices. Les endroits les plus impénétrables sont sans doute sa demeure; c'est là qu'il faut chercher.
Je vois ici l'entrée d'une caverne
toute couver
hranches.
Oui , je la reconnais ; c'est de là qu
il sorti ce s;
qui m'a fait tant de peur.
PHOCAS, ù Lilua.
Eh bien! entrez-y avei: des soldat
, cl regard
fond.
(Héracllus tt \.>-on,Ae se meuem à IViiU
icJelacavern
LÉOMDE.
Que personne n'ose en approclier,
"il n'a aupar
envie de mourir.
PHOCAS
Qui nous en empêchera?
LÉON IDF-
Ma valeur.
Mon courage. Avant que quelqu'un cnin; dai demeure sombre , il faudra que nous 1
PHOGAS.
Doubles brutes que vous êtes, ne voyez-- vous pas que votre prétention est impossible?
HÉRACLius ET LEONiDE, ensemble.
Va, va, arrive, arrive; tu verras si cela est impossible»
PUOCAS.
Voilà une impertinence trop effrontée; allons, qu'ils meurent.
CINTIA.
Qu'il ne reste pas dans les carquois une flècbe qui ne soit lancée dans leur poitrine *.
{Comme pn est prêt à tirer sur ces deux jeunes gens, Astolphc
sort de son antre, et s'écrie :
Non pas à eux, mais à moi; il vaut mieux que ce soit moi qui meure : tuez-moi , et qu'ils vivent.
(Tout le monde reste en suspens, en s'écriant:)
Qu'est-ce que je vois? quel étonnement! quel prodige! quelle cbose admirable !
(Les deux paysans gracieux prennent ce moment intéressant pour venir mêler leurs bouffonneries à cette* situation, et ils croient que tout cela est de la magie : Phocas reste tout pensif. )
CINTIA.
Je n'ai jamais vu léthargie pareille a celle dont le discours de ce bonhomme vient de frapper Pliocas.
' Le lecteur peut ici remarquer que , dans cet amas d'extravagances , ce discours de Cintia est peut-être ce qui révolte le plus; on ne s*étonne point que, dans un siècle où l'on était si loin du bon goût, uu auteur se soit abandonné à son génie sauvage pour amuser une multitude plus ignorante que lui. Tout ce que nous avons vu jusqu'à présent n'est que contre le bon sens ; mais que Cintia , qui a paru avoir quelques sentiments pour Héraclius, et qui doit l'épouser à la fin de la pièce, ordonne qu'on le tue, lui et T.éonide, cela choque si étrangement tons les sentiments naturels, qu'on ne peut comprendre que la Comédie fameuse de don Pedro Caldéron de la J3urca n'ait pas en cet endroit excité la plus grande indignation.
PRKMIKlîE JOLlUNKR. 35
PiiotAS, <i Jslolfihe.
Gadavi'e ambulant, en dépit de la marche rapide du temps; de tes cheveus Lianes et de ton vieux visage brûlé par le soleil, je garde pourtant dans ma mémoire les traces de ta personne; je t'ai vu ambassadeur auprès de moi. Comment es-tu ici? Je ne cherche point à t'etfrayer par des ri{>ueurs; je te promets, au contraire, ma faveur et mes dons: lève-toi, et dis-moi si l'un de ces deux jeunes Ijens n'est pas le fils de Maurice, que ta fidélité sauva de ma colère?
Oui , seigneur, l'un est le fils de mon empereur, que j"ai élevé dans ces montagnes sans qu'il sache qui il est, ni qui je suis; il m'a paru plus convenalilc de le cacher ainsi que de le voir en votre pouvoir, ou dans celui d'une natiuii qui rendait obéissance h un i.yrau.
Eh bien! vois comn eautions des hommes.
Maurice?
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Que c'est l'un des de deux, je ne vous le dir
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Que m'importe que
me défaire de celui qi.
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Comment?
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moi le comble des homieurs de mourir fils d'un empereur, et je te domierai volontiers ma vie.
HÉRACLIUS
Seigneur, c'est l'ambition qui parle en lui , mais eu moi c'est la vérité.
PHOGAS.
Pourquoi?
HÉRACLIUS
Parceque c'est moi qui suis Héraclius.
PHOCAS
En es-tu sûr?
Oui.
Qui te l'a dit?
Ma valeur '.
HERACLIUS
HERACLIUS
PHOCAS
Quoi! vous combattez tous deux pour l'honneur de mourir fils de Maurice?