ACTE II, SCÈNE VI
J^e peuple est mutinû, nos amis assemblés.
Le tyran effrayé, ses confidents troublés.
Donnez l'aveu du prince à sa mort qu'on apprête, Et ne dédaignez pas d'ordonner de sa tête.
MAHTiA>, se croyant lléracUus.
Surpris des nouveautés d'un tel événement ', Je demeure à vos yeux muet d'étonnement*.
Je sais ce oue je dois , madame , au grand service Dont vous avez sauvé l'héritier de Maurice^.
Jecroyois, comme fils,devoir tout à vos soins. Et je vous dois bien plus lorsque je vous suis moins ; Mais pour vous expliquer toute ma gratitude, Mon ame a trop de trouble et trop d'inquiétude. J'aimois, vous le savez, et mon cœur enflammé Trouve enfin une sœur dedans l'objet aimé 4.
Je perds une maîtresse en gagnant un empire : Mon amour en murmure, et mon cœur en soupire. Et de mille pensers mon esprit agité
' Det nouveautés: ce n'est pas le mut propre, il fall.-iii Je ta nou-
' 11 faal éviter cetle petite mcprise, et ne pas dire qu'on est >>m«t, quand on parle; il pUDvail dire , f ai resté jusquici miiel d'é~ lonneiRfnt.
' Cela d'est pas français, c'est un barbarisme, 4 On a dëja vn qu'il n'aimait guère. Tou.-. Ifs moiivemenls dit rœnr sont étouffés jusqu'ici dans cette pitce sous le fardeau d'une inlrigiie difficile à débrouiller. Il n'était guère possible qu'an seul Corneille de soutenir l'allcnlion du spectateur, et d'exciter un ,a\ Si^ud intérêt dans la discussion ëmbrouilli'e d'un sujet si rom- [ irÀ pliqué et si obscur; mais malbenreu sèment ce Martian s'explique elf^l ^W manière si froide, si Bccbe, et en si mauvais ver.", qu'il ne 1 fWl faite aucune impression.
i46 HÉRACLIUS.
Paroit enseveli dans la stupidité.
Il est temps d'en sortir, 1 honneur nous le commande
Il faut donner un chef à votre illustre bande ■ :
Allez, brave Exupère, allez, je vous rejoins;
Souffrez que je lui parle un moment sans témoins.
Disposez cependant vos amis à bien faire :
Sur-tout sauvons le fils en immolant le père ;
Il n'eut rien du tyran qu'un peu de mauvais sang',
Dont la dernière guerre a trop purgé son flanc.
EXUPÈRE
Nous vous rendrons, seigneur, entière obéissance, Et vous allons attendre avec im^patience. .