‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 4)Chapitre 67 sur 248 · ACTE IM. SCÈNE I. i · texte numérisé non relu

ACTE IM. SCÈNE I. i

Épousez Mai'tian comme un autre moi-même ' ; Ne pouvant être à moi, soyez à ce que j'aime.

l'IlLCIIËniE.

Ne pouvant être à vous , je pourrois justement Vouloir n'être à personne, et fuir tout autre amant Mais on pourroit nommer cette fermeté dame Un reste mal éteint trincestueuse flamme'.

Afin donc qu'à ce choix j'ose tout accorder.

Soyez mon empereur pour me le commander.

Martian vaut beaucoup, sa personne m'est chère; Mais purgez sa vertu des crimes de son père, Et donnez à mes feux pour léjjitime objet Dans le fils du tyran votre premier sujet.

Vous le voyez, j'y cours; mais enfin, .s'il arrive Que l'issue en devienne ou funeste ou tanlive. Votre perte est jurée; et d'ailleurs nos amis Au tyran immolé voudront joindre ce fils.

Sauvez d'un tel péril et sa vie et la vôtre; Par cet heureux hymen conservez l'mi et l'autre ; Garantissez ma snfiur des fureurs de Phocas, Et mon ami de suivre un tel père au trépas.

Faites qu'en ce grand jour la troupe d'Exupêrc

' Remarquez toujours inie cette eombinaisoii ingénieuse d' :e8les, cette ignorance ot'i charun est de .ion filât, peuvent enc\ aliention , mais jamais aucun trouble , aucune terreur. ' ' Toute cette scJne est une ilisciis.iou (|ni u'.t rien .le la vi "agéilie. Pulchérie craint qu'on ne n.imme sa frrmuté il'iim,' r

i6o HÉRACLIUS.

Dans un sang odieux respecte mon béàu-frère; Et donnez au tyran, qui n'en pourra jouir.

Quelques moments de joie afin de Téblouir.

PULGHÉRI£.

Mais durant ces moments, unie à sa fiamille,

Il deviendra mon père, et je serai sa fille;

Je lui devrai respect, amour, fidélité;

Ma haine n aura plus d'impétuosité;

Et tous mes vœux pour vous seront mous et timides

Quand mes vœux contre lui seront des parricides.

Outre que le succès est encore à douter'.

Que Ton peut vous trahir, qu'il peut vous résister;

Si vous y succombez, pourrai-je me dédire

d'avoir porté chez lui les titres de l'empire?

Ah! combien ces moments de quoi vous me flattez

Alors pour mon suppUce auroient d'éternités^!

Votre haine voit peu l'erreur de sa tendresse;

' Outre que ne doit jamais entrer dans un vers héroïqae ; et U succès est à douter est un solécisme : on ne doute pas une chose, elle n*est pas doutée ; le verbe douter exige toujours le génitif, c'est* à-dire la préposition de.

^ On n*a jamais dû, dans aucune langue, mettre le mot d'éternité au pluriel , excepté dans le dogmatique , quand oh distingue mal à propos Féternité passée et l'éternité à venir, comme lorsque Platon dit que notre vie est un point entre deux éternités ; pensée que Pascal a répétée, pensée sublime, quoique dans la rigueur métaphysique elle soit fausse.

Remarquez encore qu'on ne peut dire, ces moments de quoi vous me flattez; cela n'est pas français: il faut, ces moments dont von^ me flattez. Remarquez qu'une haine ne voit point Terreur des» tendresse; car comment une haine aurait-elle une tendresse? Pulchérie dit encore que sa haine a les yeux mieux ouverts que celle

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