SCÈNE IV
PHOCAS, EXtiPÉRE, AMINTAS
PHOCAS
J'écoute avec plaisir ces menaces frivoles^; Je ris d'un désespoir qui n'a que des paroles; Et, de quelque façon qu elle m'ose oulrajjei',
' Cet hénibticlie, qu'on puisse imaginer, esl superflu, et seit uniquemem à la rime. Quelle idée aPulchérie d'épouser le dernier
hamine de la lie dn peuple? h nublease de sa vetigeaiice peut-elli'
' Ce Ters n'esl pas français; il fallait, et, sans plus tne pressente répondre h les v<xux. Remarquez encore que ce mol vieux est troji faihie pour exprimer Ie9 orrlrea d'un lyrau.
* Celle scène est adroite, L'.iuleur a voulu tromper jusqu'au spertaleur, qui ne sait si Eiupèrc trahit Phocas ou non ; ccpendanl un peu de r^fleiion fait bipn voir que Phocas eel dupe de cet ofticiri .
Les trois principaui personnajjes de celte pièce, Phocas, Iléraelius et Martian , sont trompés jusqu'au liout : ce serait un exeuiple
par l'inlrigue, mais par de très beaux détails. Tuules les pièces qui: d'autres auteurs ont faites dans ce goiii sont tombées à la louyut. Ou leut de la vraisemblance dans l'intrigue, de lu dai'ti'. de graudp< passions, une élégance cuuilnuc.
170 HÉRACLIUS
Le sang d'Héraclius m'en doit assez venger.
Vous donc, mes vrais amis, qui me tirez de peine, Vous, dont je vois Famour quand j'en craignois la haine Vous, qui m'avez livré mon secret ennemi, Ne soyez point vers moi fidèles à demi; Résolvez avec moi des moyens de sa perte :
La ferons-nous secrète, ou bien à force ouverte? Prendrons-nous le plus sûr^ ou le plus glorieux?
EXUPÈRE
Seigneur, n en doutez point, le plus sûr vaut lé mieux, Mais le plus sûr pour vous est que sa mort éclate, De peur qu'en l'ignorant le peuple ne se flatte. N'attende encor ce prince, et n'ait quelque raison De courir en aveugle à qui prendra son nom.
PHOGAS.
Donc, pour ôter tout doute à cette populace, Nous enverrons sa tête au milieu de la place.
EXUPÈRE
Mais si vous la coupez dedans votre palais. Ces obstinés mutins ne le croiront jamais; Et, sans que pas un d'eux à son erreur renonce, Ils diront qu'on impute un faux nom à Léonce, Qu'on en fait un fantôme afin de les tromper,
' Pourquoi craignait-il la haine d'Amintas ? et s*il a craint la haine d'Ëxupère , dont il a fait tuer le père , pourquoi se fie-t-il à cet Exupère? Ten craignais n'est pas bien; il fallait, quand jat craint votre haine. Malgré Tartifice de cette scène , peut-être Phocas est-il un peu trop un tyran de comédie , à qui on en fait aisément accroire: il a des troupes, il peut mettre Léontine, Pulchérie et le prétendu Héraclius en prison : il n'a point pris ce parti, il attend qu'Exupère lui donne des conseils , il se rend à tout ce qu'on lui dit.