‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 4)Chapitre 73 sur 248 · ACTE III, SCÈNE I II · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE I II

PoiQt diiigiié contre lui perdre un jusK^ courrou\ '. SaDS te nommer ÎDgrat, sans trop le nommer traître, Dcioustleux, de soi-même il s'est montré lemaitiej Et dans cette surprise il a bien su courir A la nécessité qu'il voyoit de mourir.

Je jioùtois cette joie en un sort si contraire. JeTainiai comme amant, je l'aimf! comme frère; El dans ce grand revers je l'ai vu hautement Dijjne d'être mon frère, et d'être mon amant.

PII oc A s.

Evpiique, explique mieux le fond de ta pensée; Et, sans plus te parer d'une vertu forcée, Pour apaiser le père, offre le cœur au fils^, Et tâche à racheter ce cher frère à ce prix .

PULCHÉHIE.

Crois-tu que sur la foi de tes fausses promesses

Mon ame ose descendre à de telles bassesses^?

Prends mon sang pour le sien; mais, s'il y faut mon ccuur

Périsse Héraclius avec sa triste sœiirl

liD mauvais coup, mais jamais faire de* coups : nn ne cjtii>rello point DQ liras ; et il n'y a ici iiul bras qui ait fnit un coup. Tout le reste liii discours de Pulchérie sérail d'une nranilf beauté , s'il ë l ait mien n.

■pomt.la.sne perdre un j

■ Quellevaison peut aïoir Pliûcis lie vouloir (juc PtilchtVieêpou

uissance? Il sait (|uc Pubb.rie et Il.iraelnn , cru Marlinn , aiment point. Offre-t-nn ain^i \ec(tur, -inanJ on est mcu.i.

i68 HÉRACLIUS.

PHOCAS

Eh bien ! il va périr; ta haine en est oompliix '.

PULCHÉBIE.

Et je verrai du del bientôt choir ton sapplioe'.

Dieu, pour le réserver à ses puissantes mains.

Fait avorter exprès tous les moyens humains;

\l veut frapper le coup sans notre ministère.

Si Ton t'a bien donné Léonce pour mon frère »

Les quatre autres peut-être, à tes yeux abusés.

Ont été comme lui des Césars supposés.

L'état, qui, dans leur mort, voyoit trop sa ruine,

Avoit des généreux autres que Léontine;

Ils trompoient d'un barbare aisément la fureur

Qui n'avoit jamais vu la cour ni Tempereur^.

Crains, tyran, crains encor tous les quatre peut-être'

L'un après l'autre enfin se vont faire parottre^;

Et, malgré tous tes soins , malgré tout ton e£fbrt,

Tu ne les connoîtras qu'en recevant la mort.

Moi-même à leur défeut je serai la conquête

De quiconque à mes pieds apportera ta tête; j

' Autre impropriété ; on est complice d'un criminel , complice d un crime , mais non pas de ce que quelqu'un ya përir.

* Choir n'est plus d'usage. Cette idée est grande , m|âs n'est pas exprimée.

^ Par la phrase , c'est la fureur de Phocas qui n'ayait point m Maurice; il faut éviter les pins petites amphibologies. Mais peuton dire d'un homme qui commandait les armées qu'il n*ayait jamais seulement vu l'empereur? «

* Gest un barbarisme ; on se fait voir, on ne se fait point paraître : la raison en est évidente: c'est qu'on paraît soi-même, et que ce sont les autres qui vous voienlt.

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