‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 4)Chapitre 8 sur 248 · PH0GA · texte numérisé non relu

PH0GA

Ton silence ne te servira de rien; la nature, l'amour paternel parleront; ils me diront sans toi quel est mon sang; et celui des deux en faveur de qui la nature ne parlera pas, sera conduit au supplice.

ASTOLPHE

Ne te fie pas à cette voix trompeuse de la nature. Cet amour paternel est sans force et sans chaleur quand un père n'a jamais vu son fils, et qu'un autre l'a nourri. Crains que dans ton erreur tu ne donnes la mort à ton propre sang.

PHOGAS.

Tu me mets donc dans l'obligation de te donner la mort a toi-même, si tu ne me déclares qui est mon fils.

ASTOLPHE

La vérité en demeurera plus cachée. Tu sais que les morts gardent le secret.

PHOCAS

Eh bien ! je ne te donnerai point la mort, vieil insensé, vieux traître, je te ferai vivre dans la plus horrible prison; et cette longue mort t'arrachera ton secret pièce à pièce.

(Phocas renverse le vieil Astolphe par terre; les deux jeunes

gens le relèvent. )

HERACLIUS ET LEONIDE.

Non, ta fureur ne l'outragera pas; que gagnes-tu à le maltraiter?

Osez-vous le protéger contre moi?

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