‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 4)Chapitre 7 sur 248 · TOUS DEUX ENSEMBLE · texte numérisé non relu

TOUS DEUX ENSEMBLE

Oui.

vvlocilS^ à Astolphc.

Dis , toi , qui des deux l'est?

HÉRACLIUS

Moi.

LÉOMIDE.

Moi.

ASTOLPHE

Ma voix t'a dit que c'est l'un des deux; ma tendresse taira qui c'est des deux.

' On voit que , dans cet amas d'aventures et d'idées^ romanesques , il y a de temps en temps des traits admirables. Si tout ressemblait à ce morceau , la pièce serait au-dessus de nos meilleures.

I PREMIÈRE .lOURNiiE. 27

F FHOC.tS.

Est-ce donc là aimer, que de vouloir que deux périssent pour en sauver un? Puisque tous deux sont ejjale- EWiit résolus à mourir, ce n'est point moi qui suis tyran. Soldats, qu'on frappe Fun et l'autre.

ASTOLPHE

Tu y penseras mieux.

PHOCAS

Que veux-tu dire?

Si la vie de l'un te fait ombrage, la mort île l'autre le bien de la douleur.

Pourquoi cela?

Ccst que l'un des deux est ton propre fils; et pour t'en convaincre, regarde cette gravure en or que me donna autrefois cette villageoise qui m'avoua tout dans sa douleur, qui me donna tout, et qui ne se réserva pas même soB fils, A présent que tu es sur que l'un des deux est né de toi, pourras-tu les taire périr l'un et l'autre?

PHOCAS

Qa'ai-je entendu! qu'ai-je vu!

Quel événement étrange!

PMOCAS.

Ociel! où suis-je? Quand je suis prêt de me venger d'un ennemi qui pourrait me succéder, je trouve mon vérita- !iie successeur sans le connaître; et le bouclier de l'amour wpousseles traits de la haine. Ait! tu me diras quel est le wng de Maurice, quel est le mien.

Cest ce que je ne te dirai pas. (.l'est à ton fih de servît (le sauvegarde au fils de mon prince, de mon seigneur.

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