‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 4)Chapitre 83 sur 248 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

PHOCAS, HÉRACLIUS, MAIiTIAN, EXUPÈRE,

GAKura.

hkhaclius.

Je sais qu'en ma prière il auroît pou d'appui;

■ Cela n'esl pas français : ce jour est mon dernier jour, et nunpaj m'est le dernier joitr.

' Jusqu'ici le specuteiir n'a été qu'embarrassé et inquiet ; à pre- (eut il est ému par l'alleiile d'un grand év^neiniMil.

i82 HÉRACLIUS.

Et, loin de me donner une inutile peine , Tout ce que je demande à votre juste haine.

C'est que de tels forfaits ne soient pas impunis'. Perdez Héraclius , et sauvez votre fils :

Voilà tout mon souhait et toute ma prière.

M'en refiiserez-vous*?

PHOGAS.

Tu l'obtiendras entière :

Ton salut en effet est douteux sans sa mort.

MARTIAN

Ah! prince! j'y courois sans me plaindre du sort; Son indigne rigueur n'est pas ce qui me touche : Mais en ouïr l'arrêt sortir de votre bouche ! Je vous ai mal connu jusques à mon trépas.

HÉRACLIUS

Et même en ce moment tu ne me connois pas.

Écoute, père aveugle, et toi, prince crédule, Ce que l'honneur défend que plus je dissimule.

Phocas, connois ton sang, et tes vrais ennemis: Je suis Héraclius, et Léonce est ton fils.

MARTIAN

Seigneur, que dites-vous?

HÉRACLIUS

Que je ne puis plus taire

' Cela est dit ironiqaement et à double entente, <»r ni Héracliiu ni Martian n*ont commis de forfaits. La figure âe rironie doit être em^iloyëe bien sobrement dans le trag^ique.

* Cet en était alors en usage dans les discours familiers; témoin ce vers du Cid^ Le roi, quand il en fait y le mesure au courage.

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