ACTE V, SCÈNE il. 3o
PUHIHÉRIE.
Il le pense, seigneur, et ce brutal espère
Mieux qu'il ne trouve un fils que je ilécoiivic un frère '
Connue si j'étois fille à ne lui rien celer'
Oe tout ce que le sang pourroit me révéler^!
UÉnACLIUS.
Puisse-t-il par un trait de lumière fiiléle Vous le mieux révéler qu'il ne me le révèle4! \idez-moi cependant, madame, à repousser Les indignes frayeurs dont je me sens presser....
PULCHÉRJE.
Mil prince, il ne faut point d'assurance plus claire; ii vous craignez la mort, vous netes point mon frère'' Ces indignes frayeurs vous ont trop découvert.
HÉHACLIUS.
Moi, la craindre, madame! Ah! je m'y suis offert. Qu'il me traite en tyran, qu'il m'envoie au supplice,
■ Il faul rjuen efCûI il soit nan seulement brulnl, m.iis al.ruli, pour avoir remi» ses lutvccls entre les mains ik- Pulcliiirie.
' Toul cela est écrit du style de l:i comédie, El c'est dans un moment qui devrait Cire iri-s tv.igiijue.
' Un sang qui révile esl u»e espresslon bien impropre, bien abscure, bien irriSgulière. Les |)lu5 beam seiilimems révolteraient
* Voilà trois rAièfe. H faut ^vilei'lesrépétitiona, à moins qu'elles ne donnent une grande force au discours ; el quil ne me le fait
' Cela est bien subtil ; ce ne sont pas lii des raisons : elle se presse trop; elle joue sur le mot de frayeur. Tout ce que disctil ici Hëraclius et Pulcliérie n'ajoute rien à l'inlrigue, ne conduit eu rien au dénouement. Assurance plus claire n'est ni un mol noble, ni le mut propre; on a une ferme assurance, mie jireuvo claire.
3o6 HÉRACLIUS.
Je suis Héraclius, je suis fils de Alaurice;
Sous œs noms précieux je cours m'ensevelir,
Et m'étonne si peu que je Ten fais pâlir :
Mais il me traite en père, il me flatte, il m'embrasse;
Je n en puis arracher une seule menace :
J'ai beau feire et beau dire afin de Firriter,
Il m'écoute si peu qu'il me force à douter >.
Malgré moi conune fils toujours il me regarde^;
Au lieu d'être en prison, je n'ai pas même un garde.
Je ne sais qui je suR, et crains de le savoir;
Je veux ce que je dois, et cherche mon devoir :
Je crains de le haïr, si j'en tiens la naissance;
Je le plains de m'aimer, si je m'en dois vengeance;
Et mon cœur, indigné d'une telle amitié,
En frémit de colère, et tremble de pitié.
De tous ses mouvements mon esprit se défie;
Il condamne aussitôt tout ce qu'il justifie.
La colère, l'amour, la haine et le respect.
Ne me présentent rien qui ne me soit suspect.
Je crains tout, je fuis tout; et, dans cette aventure,
Des deux côtés en vain j'écoute la nature.
Secourez donc un frère en ces perplexités.
PULCHÉRIE
Ah ! vous ne l'êtes point, puisque vous en doutez^.
' Gela n'a pas besoin de commentaire ; mais de si basses triyialitës étonnent toujours.
' Il faut, comme son fils.
^, C'est encore une de ces subtilités qui ne vont point an cœnr, qui ne causent ni terreur ni trouble : il faut, dans un cinquième acte, autre chose que du raisonnement; et ce raisonnement àt