‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La HarpeChapitre 10 sur 285 · V.AL.^.Min · texte numérisé non relu

V.AL.^.Min

Ce seroit pour mon cœur im cruel s.icriFice.

A RD Allie.

Et l'autre pour le mien seroit un dur supplicia Vous aime-t-on?

VALAMIU.

[lu moins j'ai lieu de m'en flatter.

Et vous , seigneur?

Du moins on me dai^ue écouter.

26 ATTILA

VALÀMIR.

Qu'un mutuel amour est un triste avantage

Quand ce que nous aimons d'un autre est le partage !

ARDARIG.

Cependant le tyran prendra pour attentat Cet amour qui fait seul tant de raisons d'état. Nous n'avons que trop vu jusqu'où va sa colère, Qui n'a pas épargné le sang même d'un frère, Et combien après lui de rois ses alliés A son orgueil barbare il a sacrifiés.

VALAMIR

Les peuples qui suivoient ces illustres victimes Suivent encor sous lui l'impunité des crimes; Et ce ravage affreux qu'il permet aux soldats Lui gagne tant de cœurs, lui donne tant de bras, Que nos propres sujets sortis de nos provinces Sont en dépit de nous plus à lui qu'à leurs princes.

ARDARIG.

Il semble à ses discours déjà nous soupçonner, Et ce sont des soupçons qu'il nous faut détourner. A ce refus qu'il veut disposons ma princesse.

VALAMIR

Pour y porter la mienne il faudra peu d'adresse.

ARDARIG.

Si vous persuadez, quel malheur est le mien!

VALAMIR

Et si l'on vous en croit, puis-je espérer plus rien?

ARDARIG.

Ah! que ne pouvons-nous être heureux l'un et l'autre 1

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