‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La HarpeChapitre 102 sur 285 · FI, AVI AN · texte numérisé non relu

FI, AVI AN

Ne vous exposez donc qu'à ceux de Domitie.

TITK.

Je n'ai plus, Flavian, que quatre jours de vie: Pourquoi prends-tu plaisir à les tyranniser?

FLAVIAN

Mais vous savez qu'il faut la perdre ou l'épouser?

TITK.

En vain donc l'i ses vœux tout mon amour s o]>pose.

i68 TITE ET BÉRÉNICE.

Périr ou faire un crime est pour moi même chose. Laissons-lui toutefois soulever des mutins ; Hasardons sur la foi de nos heureux destins:

Us m'ont promis la reine, et doivent à ses charmes Tout ce qu ils ont soumis à Teffort de mes armes : Par elle j'ai vaincu , pour elle il faut périr.

FLAVIAN

Seigneur....

TITE

Oui, Flavian, c'est à faire à mourir.

La vie est peu de chose; et tôt ou tard, qu importe Qu un traître me Farrache, ou que l'âge l'emporte? Nous mourons à toute heure; et dans le plus doux sort Chaque instant de la vie est un pas vers la mort*.

FLAVIAN

Flattez mieux les désirs de votre ambitieuse, Et ne la changez pas de fière en furieuse.

Elle vient vous parler.

TITE

Dieux! quel comble d'ennuis!

* Nicole, dans ses Essais de morale, a employé tout entier ce beau vers de Corneille. Il en est un autre de la dernière scène de Tacte précédent qui n'est pas moins digne de remarque :

Et qui Ycut pouvoir loue ne doit pas tout oser.

Voltaire, si attentif à faire apercevoir les fautes, ne devait pas négliger de faire sentir les beautés. P.

Page 1