ACTE V, SCÈNE II. ryi
L'ambition rachôe attaque, presse, force; Par là de ses projets elle virnt mieux à bout; Elle ue préteiid rien, et s'empare dti tout.
L'art est grand; mais enfin je ne sais s'il mérite La bouche d'une reine et l'oreille de Tite.
Pour moi, j'aime autrement; et tout me cbarme en vous; Tout m'en est precieux, seigneur, tout m'en est doux; Je ne sais point si j'aime on l'empereur ou Tite, Si je m'atlaclie au rany ou n'eu veux qu'au mérite : -Mais je sais qu'en l'état où je suis aujourd'hui J applaudis à mon creur de n'aspirer qu'à lui.
TITE
-Mais me le donnez-vous tout ce cœur qui n aspire, En se tournant vers moi, qu'aux honneurs de l'empire? Suit-il l'ambition eu dépit de l'amour, Madame? la suit-il sang espoir de reloui?
DOMITIE,
Si c'est ù mon é{>ard ce qui vous inquiète,
Le cœur se rond bien Lot quand l'ame est satisiaite :
Nous le défendomt mal de qui remplit nos vœux.
Un moment dans le troue éteint tous autres feux;
Et donner tout ce cœur, souvent ce n'est que faiie
D'ua trésor invisible un don imaginaire.
A l'amour vraiment noble il suKil du dehors;
Il veut bien du dedans ignorer les ressorts :
!1 n'a d'yeux que pour voir ce qui s'offre ii la vue,
Tout le reste est pour eux une terre inconnue;
Et, sans importuner le cœur d'un souverain,
Il a tout ce qu'il veut quand il en a la main.
Se m'ôtez pas la vôtre, et disposez du reste.
Le cœur a quelque chose en soi de tout céleste;
Il n appartient qu aux dieux; et comme c'est leur choi:!
Je ne veux point, seigneur, attenter sur leurs droits.
TITE
Et moi, qui suis des dieux la plus visible image,
Je veux ce cœur connue eux, et j'en veux tout Thommaj
Mais vous n en avez plus , madame, à me donner;
Vous ne voulez ma main que pour vous couronner.
D'autres pourront un jour vous rendre ce service.
Cependant, pour régler le sort de Bérénice,
Vous pouvez faire agir vos amis au sénat;
Ils peuvent m'y nommer lâche, parjure, ingrat :
J'attendrai son arrêt, et le suivrai peut-être.
DOMITIE.
Suivez-le, mais tremblez s'il flatte trop son maîti*e.
Ce grand corps tous les ans change d'ame et de cœurs
C'est le même sénat, et d'autres sénateurs.
S'il alla pour Néron jusqu'à Fidolàtrie,
Il le traita depuis de traître à sa patrie ,
Et réduisit ce prince indigne de son rang
A la nécessité de se percer le flanc.
Vous êtes son amour, craignez d'être sa haine
Après l'indignité d'épouser une reine.
Vous avez quatre jours pour en délibérer.
J'attends le coup fatal que je ne puis parer.
Adieu. Si vous l'osez, contentez votre envie;
Mais en m'ôtant l'honneur n'épargnez pas ma vie.