‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La HarpeChapitre 107 sur 285 · ACTE V, SCÈNE IV. jjj · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE IV. jjj

De ceux qui mont perce souffrez que je soupire. Pourquoi partir, madame, et pourquoi me le dire? Ah! si vous vous forcez d abandouuej' ces lieux, Ne m'assaHsiuez point de vos cruels adieux, .'evous suivrois, madame; et, flatté du l'idée D'oser mourir à Home , et revivre eu Judée, Pour aller de mes feux vous demander le fruJL, Jequitterois l'empire et tout ce qui leur nuit.

BtHËMClD.

Daigne me préserver le ciel....

TiTE.

De quoi, madame?

BÉRÉNICE

De voir tant de foiblesse eu une si {>iande ame ! Sij avois droit par là de vous moins estimer, Je cesserois peut-être aussi de vous aimer.

TITE

Ordonnez donc euHii ce qii il laut que je fasse.

liElIlÎMCE.

S'il faut partir demain, je neveux quune grâce;

Que ce soit vous, seigneur, qui le veuilliez pour moi,

Et non voire sénat qui m'en fasse la loi :

Faites-lui souvenir, quoi qu'il crai(;ne ou projette.

Que je suis son amie, et non pas sa sujette;

Que d'un tel attentat notie rang est jaloux,

Et que tout mon amour ne m'asservit qu'à vous.

riTE.

Mais peut-êtie, madame...

Il u est point de peut-être,

Seigneur; s'il en décide, il se fait voir mon maître; Et, dût-il vous porter à tout ce que je veux, Je ne Fai point choisi pour juge de mes vœux.

TITE

Allez dire au sénat, Flavian, qu'il se lève; Quoi qu'il ait commencé , je défends qu'il achève. Soit qu'il parle à présent du Vésuve ou de moi, Qu'il cesse, et que chacun se retire chez soi. Ainsi le veut la reine ; et comme amant fidèle, Je veux qu'il obéisse aux lois que je prends d'elle, Qu'il laisse à notre amour régler notre intérêt.

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