SUITE DE LA PRÉFACE DE VOLTAIKE
nONT LA PBEMIÉJIK PARTIE PKKCÉlli; LA PIÈCE 1)K (jOKNKII.LE.
Racine fut bien vengé par le succès de Bérénice de la chute de Jirilaniiicus. Cette estimable pièce était tombée, parcequeJle avait paru un peu froide; le cinquième acte sur-tout avait ce défaut; el Néron qui revenait alors avec Junic, et qui se justifiait de la mort de Ltritanuicus, fegait un très mauvais effet. Néron, qui se cache derrière une tapisserie [»oiir écouler, ne paraissait pas un empereur romain. On trouvait que deux amants, dont l'un est aux genoux de l'autre, et qui sont surpris ens<-n)hle, formaient un coup de théâtre plus comique que ti'a;;ique. I,cs intérêts d'Agrippine, qui veut seulement avoir le premier crédit, ne semblaient pas un objet assez important. Narcisse n'était qu'odieux ; Biitannicus et Junie étaient regardés comme des personnages faibles. Ce n'est qu'avec te teuip?^ que les connaiss'eurs firent revenir le puhtif. Ou
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vit que cette pièce était la peinture fidèle de la cour de Néron. On admira enfin toute Ténergie de Tacite exprimée dans des vers dignes de Virgile. On comprit que Britannicus et Junie ne devaient pas avoir un autre caractère. On démêla dans Agrippine des beautés vraies, solides, qui ne sont ni gigantesques, ni hors de la nature, et qui ne surprennent point le parterre par des déclamations ampoulées. Le développement du caractère de Néron fut enfin regardé comme un chef-d'œuvre. On convint que le rôle de Burrhus est admirable d'un bout à l'autre, et qu'il n'y a rien de ce genre dans toute l'antiquité. Britannicus fut la pièce des connaisseurs , qui conviennent des défauts , et qui apprécient les beautés.
Racine passa de l'imitation de Tacite à celle de Tibulle. 11 se tira d'un très mauvais pas par un effort de Fart, et par la magie enchanteresse de ce style qui n'a été donné qu'à lui.
Jamais on n'a mieux senti quel est le mérite de la difficulté surmontée. Cette difficulté était extrême; le fonds ne semblait fournir que deux ou trois scènes, et il fallait faire cinq actes.
On n'a donné qu'un léger commentaire sur la tragédie de Corneille ; il faut avouer qu'elle n'en
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mérite pas. En voici sur celle de Racine, Les lecteurs doivent sentir qu'on ne cherche qu'à leur être utile : ce nest ni pour Corneille, ni pour Racine qu'on écrit, c'est pour leur art, et pour les amateurs de cet art si diffîcile.
On ne doit pas se passionner pour un nom.
Qu'importe qui soit l'auteur de la Bérénice qu'on Ut avec plaisir, et celui de la Bérénice qu'on ne lit plus? C'est l'ouvrage, et non la personne qui intéresse la postérité. Tout esprit de parti doit céder au désir de s'instruire.
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ellipse heureuse en poésie. Ces finesses font le charme de la diction.
Va, dis-je , et sans Tooloir te.charger (f autres soins. Vois si je puis bientôt lui parler sans témoins.
Ce premier vers , qui ne semble fait que pour la rime, annonce avec art qu'Antiochus aime Bérénice.