F L AV 1 E
Prévenez-le, madame; et montrez à sa houle Combien de tant d'orgueil vous faites peu de compte.
3o ATTILA.
HONGRIE
La bravade est aisée, un mot est bientôt dit : Mais où fuir un tyran que la bravade aigrit?
Retournerai-je à Rome où j'ai laissé mon frère Enflammé contre moi de haine et de colère, Et qui sanis la terreur d'un nom si redouté Jamais n eût mis de borne à ma captivité?
Moi qui prétends pour dot la moitié de l'empire...-
FLAVIE
Ce seroit d'un malheur vous jeter dans un pire. Ne vous empoitez pas contre vous jusque-là:
Il est d'autres moyens de braver Attila.
Épousez Valamir.
HONORIS
Est-ce comme on le brave Que d'épouser un roi dont il fait son esclave?
FLAVIE
Mais vous l'aimez.
HONGRIE
Eh bien ! si j'aime Valamir, Je ne veux point de rois qu'on force d'obéir; Et si tu me dis vrai, quelque rang que je tienne, Cet hymen pourroit être et sa perte et la mienne. Mais je veux qu'Attila, pressé d'un autre amour, Endure un tel insulte * au milieu de sa cour : Ildione par là me verroit à sa suite; A de honteux respects je m'y verrois réduite ; Et le sang des Césars, qu'on adora toujours,
* Insulte y et Boileau lui-même a employé ce mot comme Cor neille, était alors du gemre masculin. P.