ACTE I, SCÈNE I. i3i
Quoi que de ma naissance exige la fierté, Vous seul ferez ma pic et ma félicité; De tout autre empereur la grandeur odieuse....
LÉOS.
Mais vous l'épouserez, heureuse ou malheureuse?
PULCHÉRIE
Ne me pressez point tant, et croyez avec moi Qu'un choix si glorieux vous donnera ma foi, Ou que, si ie sénat à nos vœux est contraire, Le ciel m'inspirera ce que je devrai faire.
LÉON
Il VOUS inspirera quelque sage douleur,
Qui n'aura qu'un soupir à perdre en ma faveur.
Oui, de 31 grands rivaux....
PULCHÉRIL'.
Ils ont tous des maltresses.
LÉON
Le trône met une ame au-dessus des tendresses. Quand du grand ïhcodose on aura pris le rang, Il y faudra placer les restes de son sang .
Il voudra, ce rival, qui que Ion puisse élire. S'assurer par l'hymen de vos droits à l'empire. SU a pu faire ailleurs quelque offre de sa foi, C est qu il a cru ce cœur trop prévenu pour moi : Mais se voyant au tn'me, et moi dans la poussière, Il se promettra tout de votre humeur altière; Et, s'il met à vos pieds ce charme de vos yeux. Il deviendra l'objet que vous verrez le mieux.
PDLCHÉIIIE.
Vous pourriez un peu loin pousser ma patience,
232 PULCHÉRIE
Seigneur; j'ai Famé fière , et tant de prévoyance Demande à la souffiîr encor plus de bonté Que vous ne m'avez vu jusqu'ici de fierté.
Je ne condamne point ce que Famour inspire; Mais enfin on peut craindre, et ne le point tant dire. Je n'en tiendrai pas moins tout ce que j'ai promis. Vous avez mes souhaits, vous aurez mes amis; De ceux de Martian vous aurez le suffrage :
Il a, tout vieux qu'il est, plus de vertu que d'âge;. Et, s'il briguoit pour lui, ses glorieux travaux Donneroient fort à craindre à vos plus grands rivaux.
LÉON
Notre empire, il est vrai, n'a point de plus grand hom! Séparez-vous du rang, madame, et je le nomme. S'il me peut enlever celui de souverain.
Du moins je ne crains pas qu'il m'ôte votre main; Ses vertus le pourroieut; mais je vois sa vieillesse.
PULCHÉRIE
Quoi qu'il 6n soit, pour vous ma bonté l'intéresse : Il s'est plu sous mon frère à dépendre de moi ,. Et je me viens encor d'assurer de sa foi.
Je vois entrer Irène; Aspar la trouve belle : Faites agir pour vous l'amour qu'il a pour elJe;. Et, comme en ce dessein rien n'est à négliger, Voyez ce qu'une sœur vous pourra ménager ►