ACTE I, SCËNE III. aSS
Si, mis à cette épreuve, amHtieux qu il est, Il cherche à vous servir contie son intérêt.
Peut-être il pi-ometira; mais, quoi qu'il vous promette, Wen ayons pas, seigneur, Tame moins inquiète; Son ardeur trnuvf^ra pour vous si peu d appui, Qu'on le fera lui-même empereur malgré lui : Et lors, en ma faveur quoi que l'amour oppose, 11 faudra faire grâce au sang de ïhéodose; El le sénat voudra qu'il prenne d'autres yeux Pour mettre la princesse au rang de ses aïeux.
Son cœur suivra le sceptre en quelque main qu'il brdle ; Si Muitian l'obtient, il aimera sa Bllej Et l'amitié du frère et l'amour de la sœur Céderont à l'espoir de s'en voir successeur.
En un mot, ma fortune est encor fort douteuse : Si vous n'êtes heureux, je ne puis être heureuse; Et je n'ai plus d'amant non plus que vous d'ami, A moins que dans le trône il vous voie affermi.
LÉriN.
Vous présumez bien mal d'un héros qui vous aime.
IRÈNE
Je pense le connoUre à légal de mot-même; Mais croyez-moi, seigneur, et l'empire est à vous.
IRENE
Oui, vous l'aurez malgré lui, malgré tous.
LKOS.
N'y perdons aucun temps : hâtez-vous de ni'instruire; Hjtez-vous de m' ouvrir la route à m'y conduire;
236 PULCHÉRIE
Et si votre bonheur peut dépendre du mien....
IRÈNE
Apprenez le secret de ne hasarder rien.
' N'agissez point pour vous ; il s'en ofFre trop d'autre De qui les actions brillent plus que les vôtres, Que leurs emplois plus hauts ont mis en plus d'éclat, Et qui, s'il faut tout dire, ont plus servi l'état: Vous les passez peut-être en grandeur de courage; Mais il vous a manqué l'occasion et l'âge; Vous n'avez commandé que sous des généraux, Et n'êtes pas encor du poids de vos rivaux.
Proposez la princesse; elle a des avantages Que vous verrez sur l'heure unir tous les suffrages : Tant qu'a vécu son frère, elle a régné pour lui; Ses ordres de l'empire ont été tout l'appui; On vit depuis quinze ans sous sou obéissance : Faites qu'on la maintienne en sa toute-puissance, Qu'à ce prix le sénat lui demande un époux; Son choix tombera- t-il sur un autre que vous? Voudroit-elle de vous une action plus belle Qu'un respect amoureux qui veut tenir tout d'elle? L'amour en deviendra plus fort qu'auparavant. Et vous vous servirez vous-même en la servant.
LÉON
Ah! que c'est me donner un conseil salutaire! A-t-on jamais vu sœur qui servît mieux un frère? Martian avec joie embrassera l'avis :
A peine parle-t-il que les siens sont suivis ; Et, puisqu'à la princesse il a promis un zélé A tout oser pour moi sur l'ordre (ju il a d'elle ,