‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La HarpeChapitre 14 sur 285 · VALAMIR, HONGRIE, FLAVIE · texte numérisé non relu

VALAMIR, HONGRIE, FLAVIE

HONORIE.

Le savez-vous, seigneur, comment je veux qu on m'aim* Et puisque jusqu'à moi vous portez vos souhaits, Avez-vous su connoître à quel prix je me mets? Je parle avec franchise, et ne veux point vous taire Que vos soins me plairoient s'il ne falloit que plaire: Mais quand cent et cent fois ils seroient mieux reçus. Il faut pour m'obtenir quelque chose de plus. Attila m'est promis, j'en ai sa foi pour gage; La princesse des Francs prétend même avantage; Et bien que sur le choix il me semble hésiter, Étant ce que je suis j'aurois tort d'en douter. Mais qui promet à deux outrage l'une et l'autre. J'ai du cœur, on m'offense; examinez le vôtre. Pourrez-vous m'en venger? pourrez-vous l'en punir?

VALAMIR

N'est-ce que par le sang qu'on peut vous obtenir? Et faut-il que ma flamme à ce grand cœur réponde Par un assassinat du plus grand roi du monde , D'un roi que vous avez souhaité pour époux?

Ne sauroit-on sans crime être digne de vous?

HONGRIE

Non, je ne vous dis pas qu'aux dépens de sa tête

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